Main menu

À l’Assemblée, le député Dumont brocarde le budget asile immigration intégration

la voix du nord

Cinq minutes chrono. Il n’en a pas fallu une de plus au député LR Pierre-Henri Dumont (LR) pour dénoncer le « manque de souffle » du budget 2018 consacré à l’asile, l’immigration et l’intégration, pourtant en hausse de 26 %, et l’ « abandon » du Calaisis.

16 h 37. Pierre-Henri Dumont monte à la tribune de l’hémicycle d’un Palais Bourbon clairsemé. À l’ordre du jour, le projet de loi de finances 2018 dans son volet asile, immigration et intégration, que le ministre Gérard Collomb a brièvement présenté. Avec un chiffre : 1,3 millliard d’euros, soit une hausse de 26 %. Des crédits qui serviront à la création de places pour les demandeurs d’asile, à l’apprentissage de la langue française ou encore à la création de postes à l’OFPRA et à la CNDA pour diminuer les délais d’examen des demandes d’asile.

« Pas de vision »

Rapporteur pour avis de la commission des affaires étrangères, Pierre-Henri Dumont est le troisième à intervenir. Costume sombre, cocarde bleu et blanc à la boutonnière. La voix est claire, le débit rapide, le ton offensif et le propos sévère. Pour lui, «  un budget en hausse ne suffit pas à faire une bonne politique  », or il «  manque de souffle car la vision en est absente  ». Et de dénoncer le «  manque d’évolution de fond dans la manière de penser l’intégration des réfugiés »  : «  Il me semble dérisoire que le débat tourne autour de la possibilité de leur donner quelques heures de français de plus !  »

« Je ne vois aucune autre ambition pour mon territoire que de continuer ce qui ne fonctionne pas »

Le député a eu un mot pour son territoire. Car si le budget manque de souffle selon lui, c’est aussi «  car il oublie de prendre en compte la situation des territoires soumis à une forte pression migratoire, en particulier le Calaisis » Et d’asséner : «  Je ne vois aucune autre ambition pour mon territoire que de continuer ce qui ne fonctionne pas : CRS, murs et barbelés  ».
Le Calaisis, il est «  aujourd’hui comme hier abandonné par l’État. (…) Vous n’offrez comme solution que le départ volontaire vers les CAES. (…) C’est un échec  », dit-il, chiffres à l’appui. Et d’espérer que le ministre va traduira sa volonté politique dans le prochain projet de loi sur l’asile et l’immigration «  puisque manifestement cette volonté ne transparaît pas dans votre budget.  »

« Oui, nous soutenons Calais »

À l’heure du débat, le ministre n’a pas voulu laisser passer le fait que l’État serait inactif à Calais. Et de citer la politique visant à éviter la constitution d’une nouvelle jungle, les 50 millions d’euros du plan pour le développement de Calais. Une politique qui commence selon lui à porter ses fruits. Et de conclure : «  Oui nous soutenons Calais.  »

La Voix du Nord, par Isabelle Hodey, le 08/11/2017.