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Avranches. Le centre d’accueil veut former les Duos de demain

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France terre d’asile lance l’opération de parrainage citoyen pour les réfugiés, Duos de demain, à Avranches. Son but ? Créer du lien entre réfugiés et personnes vivant en France.

Le Centre d’accueil pour familles demandeuses d’asile (Cada) d’Avranches est « fier » de lancer Duos de demain. « C’est une initiative de notre association France terre d’asile », assure Sarah Rezzag, intervenante sociale au Cada d’Avranches. L’opération de parrainage citoyen pour les réfugiés a déjà été testée (et approuvée) à Caen, Rouen, Romorantin, Vendôme, en Île-de-France… Un peu partout en fait, sauf dans la Manche.

 

Des duos assortis

« Le principe de ce projet est simple : une personne qui habite dans le territoire français et qui maîtrise le Français parraine un réfugié qui cherche à s’insérer en France », explique Sarah Rezzag. Ce parrainage sera proposé aux demandeurs d’asile ayant obtenu un statut. « On aimerait les mettre en relation avec des personnes qui peuvent leur apporter beaucoup pendant les trois ou six mois qui suivent cette procédure, car ils ont la possibilité de rester au Cada trois mois, voire trois de plus s’ils n’ont toujours pas trouvé de logement, de travail, etc. »

Pour assortir au mieux les duos, France terre d’asile demandera aux parrains, marraines et aux filleuls de répondre à un questionnaire.

 

« Créer une relation amicale »

Marie Sourdin, bénévole du Cada d’Avranches et référente de Duos de demain a, elle, accompagné des réfugiés depuis la création du centre. « Même si ce n’était pas formalisé », raconte-t-elle. La retraitée vante les mérites de cet échange. « C’est très enrichissant ! On peut même créer une relation amicale. »

Les personnes qui souhaitent parrainer un réfugié ou une famille de réfugiés s’engagent à le ou la voir au moins une fois par mois pendant six mois. « C’est un premier pas pour les sortir du Cada », reprend Sarah Rezzag, qui rappelle que l’une des missions de son association est « d’accompagner vers l’autonomie ».

« Le parrain peut donner des cours de Français, montrer comment on mange en France, poursuit Marie Sourdin. Les temps de partage peuvent être différents. » Les moments « en duo » ont aussi l’avantage de démêler des idées reçues. « Ils se rendent compte que les Français ont eux aussi des difficultés », détaille Sarah Rezzag. « Qu’on paye des impôts par exemple ! », s’exclame Marie Sourdin. « Et nous, ça nous permet de relativiser nos problèmes aussi. »

 

Un goûter citoyen

Avec Duos de demain, l’association espère aussi convaincre plus de réfugiés de s’installer dans la région car « beaucoup souhaitent aller à Paris pour retrouver des gens de leur communauté », indique Deborah Helary, intervenante sociale du Cada d’Avranches. « Avranches est souvent une solution de repli mais on a des personnes qui apprécient aussi le fait d’avoir des écoles à proximité. Et les loyers sont moins élevés. » Et c’est prouvé : selon les deux intervenantes sociales, la plupart des réfugiés qui ont créé du lien avec quelqu’un à Avranches restent.


Ouest-France, par Flora GELOT, le 12/03/2018

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