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Immigration : les associations concernées dénoncent un projet de loi « déséquilibré »

le monde

 

Louis Gallois, président de la Fédération des acteurs de la solidarité, évoque « un durcissement très net » et des mesures visant « à reconduire les migrants en situation irrégulière ».

Les associations reçues jeudi 11 janvier par le premier ministre, Edouard Philippe, pour la présentation du projet de loi asile et immigration ont fait part de leur « déception » quant à un texte « qui paraît déséquilibré », a déclaré à l’issue de la réunion Louis Gallois, président de la Fédération des acteurs de la solidarité.

Ce projet présente « un durcissement très net », avec « une insistance » sur les mesures visant « à reconduire les migrants en situation irrégulière », a dit M. Gallois à la presse, ajoutant, au nom de la trentaine d’associations reçues, souhaiter « que la concertation se continue ».

« Il y a eu un échange, une expression mais aucune volonté d’infléchir » le texte ni « de tenir compte des propositions de la société civile », a déploré Thierry Kuhn, président d’Emmaüs France. Pour Patrick Doutreligne, président de l’Union nationale d’associations sanitaires et sociales (Uniopss), « on a été écoutés, mais on a l’impression que lâcher quelque chose de la part du gouvernement semble impensable ».

Evoquant le sort des migrants « ni expulsables ni régularisables » et qui restent pendant des années dans les limbes administratifs, M. Doutreligne a appelé « soit à changer la loi, soit à faire preuve d’un peu de pragmatisme pour les insérer ».


« La bataille continue »

Les « discussions techniques vont se poursuivre avec les associations et les ministères concernés », assure Matignon, laissant entendre que le rapport sur l’intégration des réfugiés que doit prochainement remettre le député Aurélien Taché pourrait inspirer des inflexions au texte. « On fera converger la discussion parlementaire avec les propositions de ce rapport de manière à enrichir le texte de ce volet. »

« Le gouvernement est totalement déterminé à faire aboutir ce texte et il n’est pas certain qu’il y aura de profondes modifications », a estimé Pierre Henry, directeur général de France terre d’asile, selon qui « la question de l’éloignement n’est pas taboue mais elle ne doit pas venir en premier ».

Aussi les associations reportent-elles leurs espoirs sur le Parlement. « Il y aura bientôt la discussion parlementaire et la bataille continue », dit ainsi M. Henry. Très remontées contre la politique migratoire du gouvernement, des associations avaient saisi le Conseil d’Etat pour obtenir la suspension d’une circulaire contestée organisant le recensement des migrants dans l’hébergement d’urgence.

 

Le Monde.fr, le 11 janvier 2018