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Le HCR demande à l’UE une « priorité » de l’accueil des migrantes retenues en Libye

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En amont d’un mini-sommet sur la gestion migratoire ce 10 janvier à Rome, le Haut-Commissariat pour les réfugiés de l’ONU estime que les femmes devraient être les premières accueillies en Europe, parmi les 10 000 prévues en 2018 depuis la Libye.

« Les programmes de réinstallation doivent cibler en priorité les femmes », a affirmé l’envoyé spécial du HCR pour la Méditerranée centrale, Vincent Cochetel, lors d’un colloque organisé par l’association France terre d’asile le 9 janvier, en assurant ne « pas avoir vu une femme réfugiée au Niger qui n’ait pas fait l’objet de viols en Libye ».

 

Un couloir humanitaire de 10 000 places

Ces paroles interviennent juste avant un sommet des pays méditerranéens de l’UE, prévu à Rome mercredi 10 janvier, et qui portera essentiellement sur la crise migratoire.

La réinstallation consiste à créer un couloir humanitaire et aller chercher directement dans les pays hors Union les personnes vulnérables en besoin manifeste de protection. Et ce sans attendre que ces derniers ne mettent en péril leur vie dans de dangereuses traversées.

Sur les 50 000 places de réinstallation promises par la Commission européenne cette année, 10 000 ont été réservées à la Libye, pays de transit exposé au travail forcé, aux enlèvements contre rançon et aux exploitations sexuelles. La France s’est de son côté engagée à réinstaller 3 000 personnes depuis le Tchad et le Niger d’ici fin 2019.

Cette prise de position en faveur des femmes se distingue de la ligne habituelle du fait qu’elle tient compte de la vulnérabilité des personnes sur la route de l’exil, et non plus seulement du besoin de protection dans le pays de provenance, comme le prévoit le droit d’asile.

« Le choix de la protection internationale ne peut pas être aveugle à des situations dramatiques qui se présentent à nos portes, même si les personnes sont originaires de pays qu’on considère comme producteurs de réfugiés », souligne Yves Pascouau, chercheur à l’Université de Nantes spécialiste des politiques migratoires européennes.

 

Manque de cohésion européenne

Le dilemme, avec 10 000 personnes à réinstaller dans l’UE, est d’identifier les publics les plus fragiles, devant l’immensité des besoins. Or, Vincent Cochetel estime qu’un « rééquilibrage prioritaire » est nécessaire en faveur des réfugiées. Les femmes ont représenté 12 % des migrants ayant traversé la Méditerranée sur les trois premiers trimestres de 2017.

Lors du mini-sommet de ce soir, les dirigeants de sept pays du sud de l’Union européenne (Italie, France, Espagne, Portugal, Grèce, Chypre et Malte) doivent afficher leur unité et évoquer une nouvelle fois le défi migratoire auquel beaucoup d’entre eux sont confrontés. Le sud de l’UE continue de plaider pour une meilleure répartition de la charge migratoire au sein de l’Union européenne.

Le manque de solidarité dans l’accueil est l’un des points de blocages, au sein de l’UE, pour satisfaire la demande du HCR d’ouvrir 40 000 places de réinstallation, cette année, depuis la Méditerranée centrale. « On espère que cela va se clarifier dans les semaines à venir », a-t-il ajouté, avertissant que rien « ne permet de penser que les arrivées sur la Libye vont diminuer », souligne Vincent Cochetel.

 

La Croix, par Jean-Baptiste François, le 10/01/2018.

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