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Méditerranée : l'Aquarius cherche un pavillon, les ONG s'inquiètent de l'arrêt brutal des missions humanitaires

France info nouveau

SOS Méditerranée et Médecins sans frontières lancent mercredi 3 octobre une mobilisation citoyenne pour sauver l'Aquarius, en quête d'un nouveau pavillon. En son absence, plus aucun bateau humanitaire n'intervient au large des côtes libyennes.

Il y a cinq ans jour pour jour, au large de l'île italienne de Lampedusa, une embarcation de fortune s'enflamme et chavire. Le bilan est d’au moins 366 morts et la crise migratoire se matérialise par ces images terribles de cercueils alignés.

Plus aucun bateau au large de la Libye

Passée l'émotion internationale, d'autres naufrages encore plus meurtriers ont eu lieu. Aussi, SOS Méditerranée et Médecins sans frontières lancent mercredi 3 octobre une mobilisation citoyenne pour sauver l'Aquarius, en quête d'un nouveau pavillon. En son absence, plus aucun bateau humanitaire n'intervient au large des côtes libyennes, même si l’ONG espagnole Open Arms a annoncé mercredi que son navire se dirige en ce moment même vers la Méditerranée centrale pour une mission "d'observation et de dénonciation".

Huit morts par jour en Méditerranée centrale, selon l'Institut italien de politique internationale. C'est moins qu'avant l'été, mais toujours trop pour Pierre Henry, de France Terre d'Asile, qui s'inquiète de l'arrêt brutal des missions humanitaires. "Nous en sommes aujourd’hui à accuser les ONG d’être complices des passeurs, explique-t-il, alors même qu’il y a quatre ans, l’opération Mare nostrum avait permis de sauver 150 000 vies." Une opération italienne coûteuse, relayée en 2014 par la mission européenne Triton, beaucoup plus modeste. Aujourd'hui l'Union européenne mène deux opérations en Méditerranée : Temis et Sophia. En tout, une quinzaine de bateaux et 1 200 militaires.

"Ces opérations ont permis de sauver 690 000 vies"

"Ces opérations, depuis qu’elles ont été lancées, ont permis de sauver 690 000 personnes que nous avons pu récupérer en mer, indique Isabelle Jegouzo, cheffe de la représentation en France de la Commission européenne. Nous avons arrêté 151 personnes soupçonnées d’être des trafiquants et neutralisé 551 navires." Car ces missions, cantonnées aux eaux internationales, visent avant tout à lutter contre les réseaux de passeurs.

En 2016, un tiers des sauvetages étaient effectués par les ONG. Désormais, pour Pierre Henry, de France Terre d'Asile, c'est à l'Europe de prendre le relais. "A côté de la force Frontex, de défense des frontières, je verrais très bien l’existence d’une force de protection, qu’on pourrait appeler Protex…" En un an, selon la Commission européenne, les arrivées de migrants ont chuté de 80% en Italie et de 97% en Grèce.

France Info, par Sébastien Sabiron, le 3 octobre 2018