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Migrants : l'accord européen toujours en suspens

les echos

La crise des migrants risque de couver longtemps encore en Europe. Ses dirigeants sont loin d'avoir trouvé un accord global sur leur accueil.

Le navire humanitaire Aquarius poursuit sans faiblir sa mission de sauvetage des migrants en mer Méditerranée. Il a appareillé la semaine dernière de Marseille pour sa dixième mission de l'année et patrouillera bientôt au large des côtes libyennes sans la moindre intention de livrer les hommes et les femmes en danger aux garde-côtes de ce pays. Deux mois après  l'arrivée des partis anti-immigration en Italie et  l'interdiction faite aux bateaux transportant des migrants d'accoster dans les ports du pays, la crise menace d'éclater à nouveau à chaque instant dans une Europe où les gouvernements sont devenus hypersensibles à la question de l'immigration.


Compromis de façade

L'accord politique obtenu dans la douleur par les Vingt-huit dirigeants européens lors du sommet du 28 juin était censé apporter une solution à l'impasse dans laquelle l'Europe s'est installée depuis des mois sur la politique d'asile et l'accueil des migrants traversant la Méditerranée. Mais  le compromis était de façade, surtout destiné à ce que chaque dirigeant puisse dénouer ses blocages politiques intérieurs. Sur le fond, rien n'est réglé et les sujets de division entre Européens sont toujours là. « Je ne vois pas de reconnaissance générale par les Européens que ce paquet sur les migrations constitue la bonne méthode », a reconnu lundi le Commissaire européen pour la coopération internationale et le développement, Neven Mimica, dans un entretien au Financial Times.

Le consensus n'apparaît ni entre les dirigeants européens sur la mise en place des « centres contrôlés » qui feraient le tri sur le sol européen entre migrants ayant besoin de protection et les autres, ni entre Européens et Africains sur la mise en place des « plateformes de débarquement » qui joueraient à peu près le même rôle sur le flanc sud de la Méditerranée.


Aucun pays candidat

La Commission européenne a commencé à travailler sur ces deux dispositifs en soulignant qu'ils permettraient un meilleur partage des responsabilités entre l'Europe et l'Afrique sur la gestion des migrants. L'une des mesures les plus fortes implicitement acceptées dans le compromis de juin, à savoir le principe de mettre en place des centres fermés, a été abandonnée. Les ministres de l'Intérieur des vingt-huit débattront de ces projets le 20 septembre. Jusqu'ici, aucun Etat-membre, en Europe comme en Afrique, ne s'est déclaré favorable à installer chez lui ces structures d'accueil, selon eux source de complications et d'appel d'air.


Renvois de migrants

Le flou est le même sur les renvois de demandeurs d'asile au sein de l'Europe, vers les pays où ils ont déjà été enregistrés. Horst Seehofer, le ministre allemand de l'Intérieur  qui les a imposés à Angela Merkel  continue à espérer une percée cette semaine avec l'Italie et la Grèce. Mais à Rome, son homologue issu de l'extrême droite, Matteo Salvini, refuse d'ouvrir les négociations sur le retour de ces migrants avant d'avoir obtenu un renforcement des frontières extérieures de l'Europe, un concept qui reste, lui aussi, à préciser.

 

Les Échos, Catherine Chatignoux, le 06 août 2018

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