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Paris : le campement du Millénaire sous surveillance médicale

le parisien

 

Prévention et dépistage médical sont organisés sur le camp de migrants du XIXe, où les épidémies sont à craindre.

 

Tout faire pour limiter le risque sanitaire. Sur le gigantesque camp de migrants de Millénaire (XIXe), qui réunit quelque 2 500 exilés au bord du canal Saint-Denis, c’est l’une des principales inquiétudes. Alors, que ce vendredi, la maire de Paris, Anne Hidalgo, s’est rendue pour la cinquième fois sur place pour que les exilés du canal ne sombrent pas dans l’oubli, les initiatives se multiplient.

Mardi, pour la première fois, un vaste camion, loué à la société du Tour de France par la Ville, et dédié au dépistage de la tuberculose, s’est installé pour une journée, quai de l’Allier. Durant plusieurs heures, les migrants du Millénaire se sont succédé dans le véhicule. « Il n’y a pas de cas déclaré, mais ces tests préventifs, auxquels ils ont été préparés en amont, sont indispensables », détaillait sur place Anne Souyris, l’adjointe (EELV) à la maire de Paris, en charge de la Santé et des relations avec l’AP-HP. « Car nous savons, que statistiquement, l’extrême promiscuité et les conditions d’hygiène défaillantes induisent un risque très important. Nous avons préféré venir à eux, car ils redoutent souvent de quitter le campement. Si une pathologie est diagnostiquée, la personne est immédiatement conduite par France terre d’asile à l’hôpital ou dans un centre de santé pour y recevoir un traitement. Et couper ainsi cours à une éventuelle épidémie. »

L’élue a également demandé à l’Agence régionale de santé (ARS) l’organisation d’une inspection sanitaire très poussée, qui est en train de se mettre en place. « C’est une véritable urgence, souligne encore Anne Souyris : ces personnes ont effectué des trajets terribles, subi de graves traumatismes… Il est impensable qu’ils ne passent pas par la “case” santé ». Chaque semaine, les équipes de Médecins du Monde (MDM) et de Médecins sans frontières (MSF) passent sur le canal Saint-Denis, où les équipes de la Ville et de France terre d’asile demeurent en permanence.

Au mois de juin 2017, une épidémie de gale ingérable s’était abattue sur un campement de 1 500 exilés, envahi par les déchets, qui était installé boulevard Ney (XVIIIe). Malgré les traitements réguliers, il avait été impossible d’en venir à bout. « Beaucoup d’entre eux pensent qu’il est impossible de se faire soigner en France », souligne Amel, infirmière au Samu Social, qui tient des permanences sur le campement. « Mais ils ont accès aux soins, CMU (couverture maladie universelle, NDLR) ou pas. C’est très important de le leur expliquer ».

 

Le Parisien, par C.B., le 27/04/2018.