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Accueil des migrants: "Le trumpisme ne doit pas devenir la règle en Europe"

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Pierre Henry, directeur général de l’association France terre d’asile, était l'invité de Bourdin Direct ce mercredi. Il a dénoncé la montée du populisme en Europe, qui fait craindre, selon lui, des dérives à l'américaine quant à l'accueil des migrants.

 

 

Les images ont fait le tour du monde. Celles d'enfants migrants séparés de leurs parents, aux Etats-Unis. Pour limiter l'immigration clandestine, l'administration Trump applique la tolérance zéro: dès qu'une famille passe illégalement une frontière, les enfants sont séparés de leurs parents. Près de 2.000 enfants ont ainsi été mis à l'écart depuis le mois d'avril.

Si les choses ne se passent pas du tout de la même manière en Europe, les associations qui viennent en aide aux migrants craignent la montée des mouvements populistes en Europe. "Le trumpisme ne doit pas devenir la règle pour nous autres européens, exhorte ce mercredi dans Bourdin Direct le directeur général de l’association France terre d’asile, Pierre Henry. On doit faire autrement. Or nous sommes menacés par ce courant populiste autour de la question migratoire. Ce courant a le vent en poupe en Europe. Il est représenté par un certain nombre d'Etats ou de responsables politiques en Autriche, en Italie, en Hongrie, au Danemark, en Pologne, en République tchèque... C'est particulièrement inquiétant". Il dénonce cette "Europe conservatrice, qui emprunte des mesures à l'extrême droite", et qui gagne du terrain.  
"Les centres de rétention ne sont pas des lieux appropriés pour les enfants"

C'est pourquoi les associations veulent faire inscrire dans la future loi asile et immigration, examinée en ce moment au Sénat, le fait qu'on ne puisse pas mettre en rétention des enfants. "Il y en a eu 300 mis en rétention en France en 2017, certes avec leurs parents – ça n'a rien à voir avec les Etats-Unis, mais ce ne sont pas des lieux appropriés pour les enfants, explique Pierre Henry. Il peut y avoir des alternatives à ces rétentions: notamment des assignations à résidence, mais en aucun cas l'enferment des enfants dans des lieux de privations de libertés. Nous verrons, le gouvernement semble vouloir s'y opposer."

Quant aux "plateformes régionales" que l'Union européenne aimerait voir installées en Afrique du Nord ou en Albanie, pour trier les migrants avant qu'ils ne traversent la Méditerranée, Pierre Henry y voit un "mépris absolu" pour les pays chargés de les accueillir. "On ne défend pas les valeurs de l'UE en faisant la courte échelle aux solutions populistes", estime-t-il.

RMC avec BFM, Jean-Jacques Bourdin, le 20 juin 2018