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Des réfugiés irakiens à Évreux témoignent

Paris Normandie Web

 

Société. L’an dernier, la moitié des demandeurs d’asile aidés par France terre d’asileont obtenu le statut de réfugié. Ali et sa femme sont de ceux-là. Rencontre.

 

Parfois, les actualités se téléscopent. À l’heure où le sort des migrants en Méditerranée suscite toujours la controverse et que les sénateurs veulent renforcer la loi sur l’asile et l’immigration, se déroulait la journée mondiale des réfugiés, mercredi dernier.

À cette occasion, le centre d’accueil de France terre d’asile a organisé une journée festive (avec exposition, buffet, témoignages et concert) dans ses locaux situés avenue du Château à Évreux. Ouverte en 2002, cette structure a vocation à « accueillir dans des conditions dignes les demandeurs d’asile arrivés en France, qui n’ont pas encore de protection internationale. Nous les accompagnons pour constituer leur récit, leur dossier administratif, juridique et social et faire valoir leurs droits », expose Antoine Beaufort, le directeur. La structure dispose de 129 places (depuis l’ouverture de 29 places à Louviers en 2015).

Ali et sa femme ont été hébergés au centre d’accueil d’Évreux et ont bénéficié de cet accompagnement. Ils sont arrivés en France en mai 2017. Ce couple a fui l’Irak en 2015. Tous deux ont traversé la Turquie, la Grèce, la République de Macédoine, la Serbie, l’Autriche, l’Allemagne et la Finlande, avant-dernière étape de leur périple. « Nous y sommes restés un an et huit mois mais notre demande d’asile a été refusée », explique-t-il en anglais. Ali et sa femme ont cependant réussi à échapper à un retour forcé et périlleux en Irak, là où deux cousins de sa femme ont tenté de tuer Ali, pour des questions religieuses. Lui est sunnite, et elle chiite. Depuis son exil forcé, l’horizon d’Ali s’est largement éclairci.

 

« Nous avons accompli notre rêve »

La demande d’asile du couple a été acceptée par l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) au mois de janvier. Tous les deux ont le statut de réfugiés mais n’ont pas encore de carte. « C’est incroyable ! Nous voulions vivre dans un endroit sûr et la France nous a donné la chance de vivre ici. J’ai l’esprit plus tranquille, nous avons accompli notre rêve. Nous pourrons avoir un meilleur avenir pour nos enfants », dit-il. Leur fille de 18 mois, née en Finlande, aura une petite sœur au mois d’août.

Aujourd’hui, Ali prend des cours de français. L’ancien banquier aujourd’hui âgé de 39 ans espère décrocher un emploi. Il a en tout cas déjà trouvé un logement de droit commun pour installer sa famille à Nétreville.

La journée mondiale des réfugiés a été également célébrée par l’antenne d’Évreux d’Amnesty International, qui a organisé une projection-débat au cinéma (Human Flow, d’Ai Weiwei) et participé à une émission radio, sur les ondes de Principe actif.

 

LE CENTRE DACCUEIL EN CHIFFRES

En 2017, 234 personnes ont été prises en charge. 115 nouvelles personnes, dont 43 enfants, ont été accueillies.

55 % : le taux de reconnaissance de la protection internationale, avec l’obtention du statut de réfugié.


Paris Normandie, le 28/06/2018