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Départs de migrants vers les centres d’accueil : où en est le dispositif ?

 

la voix du nord

 

L’État a annoncé sa volonté d’augmenter le nombre de départs de migrants vers les centres d’accueil et d’examen des situations (CAES) à partir de Calais. Conséquence sur le terrain ? Les équipes de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) seront renforcées pour informer sur les procédures d’asile et trois départs sont prévus chaque semaine, contre deux. Est-ce pour autant efficace ?

 

Zone industrielle des Dunes, dans le flot incessant des camions, le camping-car de l’OFII vient de se garer. Indifférents, des migrants tapent dans un ballon. D’autres discutent, assis sur un rocher. Il est 15 h. Six agents, reconnaissables à leur parka rouge, sortent du camping-car. D’une équipe de quatre à cinq maraudeurs après le démantèlement en octobre 2016 (ils étaient 21 pendant la « jungle »), l’OFII est passé à dix dès le 8 août, après l’annonce de la création des centres d’accueil et d’examen des situations (CAES) par le gouvernement. D’ici peu, les effectifs seront renforcés pour atteindre la douzaine.

 

« On les informe sur le droit d’asile et l’aide au retour volontaire »



Devant le camping-car, une table où sont posées des affiches traduites en neuf langues : anglais, arabe, pachto, farsi, amharique, tigrigna (…). On y voit des dessins et des signes. « On les informe sur le droit d’asile et l’aide au retour volontaire. On essaie de les convaincre en leur expliquant que dans un CAES, ils sont à l’abri et peuvent réfléchir à l’asile dans de bonnes conditions », explique Jaoued Belmir, directeur adjoint de l’OFII à Calais.

Un jeune Éthiopien s’avance, avec des copains. « Ce centre, est-il loin de Calais ? », questionne-t-il, méfiant. « À une centaine de kilomètres », répond l’agent. « Je vais réfléchir », dit-il en s’éloignant. Comme 80 % des migrants présents à Calais, Yoni, « 16 ans », est un « dubliné », c’est-à-dire qu’il a donné ses empreintes dans un autre pays de l’Union européenne, l’Italie ou la Grèce, bien souvent. Il risque donc d’y retourner s’il fait une demande d’asile. « Dublin III, c’est un problème dont ils nous parlent régulièrement. C’est leur peur », confie une maraudeuse.

 

« Leur objectif, c’est l’Angleterre, alors ils reviendront »

 

Forcer les migrants qui errent à Calais pour passer en Angleterre, à rejoindre les CAES, comme le propose le député Dumont, ne résoudrait pas le problème, selon elle. « Leur objectif, c’est l’Angleterre, alors ils reviendront ». Face à ce règlement Dublin III qui régit l’asile en Europe, persuader les exilés de monter à bord des bus est une tâche difficile, ingrate. Jeudi 26 et mardi 31 octobre, 22 migrants sont montés à bord des bus pour les CAES. Vendredi, le bus était vide. Ils sont actuellement entre 550 (État) et 750 migrants (Associations) à Calais.

 

Qu’est-ce qu’un CAES ?


Cet été, le gouvernement a annoncé l’ouverture de deux nouveaux lieux dans le Pas-de-Calais (150 places), à une centaine de kilomètres de Calais, où un dispositif spécifique doit permettre d’accélérer les demandes d’asile. Déjà centre d’accueil, l’abbaye de Belval, à Troisvaux (près de Saint-Pol-sur-Ternoise), a été transformée en CAES, comme l’hôtel Formule 1 de Bailleul (Nord).

 

Le 13/11/17, La voix du nord