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Le gouvernement français pose ses conditions à la réforme du droit d’asile

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Alors qu'un projet de loi pour réformer le droit d’asile en France doit être présenté en janvier 2018, Christophe Castaner, délégué général de La République en Marche, est convaincu que la France "peut relever le défi de l'intégration des réfugiés", mais que certaines conditions doivent être respectées.

“Remettre à plat toute notre procédure d'asile pour en assurer vraiment l'efficacité”. Dans une tribune publié le 30 décembre dans le Journal du Dimanche, Christophe Castaner, délégué général du parti présidentiel, La République en Marche (LREM), annonce que le gouvernement français veut engager un véritable débat sur le droit d’asile dans les prochains mois. Mais celui-ci ne "sera réussi qu’à trois conditions", selon celui qui est aussi secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement.

 

Réduire le temps de traitement des dossiers

La première condition que pose Christophe Castaner pour la réussite de la réforme du droit d’asile et de revoir en profondeur les procédures de demande. Pour ce faire, il souhaite “conforter les moyens de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et lui fixer pour objectif de traiter les dossiers en moins de deux mois.”

Il envisage également que des missions de l'Ofpra soient organisées “dans les pays de transit pour mieux maîtriser les flux migratoires et éviter à des milliers de personnes de prendre des risques fous pour traverser la Méditerranée.”

 

L’intégration par l’apprentissage de la langue

Autre condition : repenser l’intégration sociale des réfugiés. “Nous devons faire preuve d'ambition et d'imagination. Nous devons garantir l'apprentissage du français. Pourquoi ne pas créditer chaque réfugié d'un compte personnel d'activité avec 150 heures pour suivre une formation professionnelle et s'insérer dans l'emploi?”, propose-t-il.

 

Plus de reconduites aux frontières

Enfin, réaffirmant une volonté du président Emmanuel Macron, Christophe Castaner fait des reconduites aux frontières une condition sine qua non de la réussite de la réforme du droit d’asile.

“Aujourd'hui, seuls 4 % des déboutés font l'objet d'une mesure d'éloignement”, affirme-t-il, affirmant que reconduites aux frontières et droit d’asile “ne sont pas contradictoire”. Il est, pour lui, essentiel “d’éloigner plus systématiquement ceux qui n'ont pas obtenu l'asile, mieux mettre en œuvre le règlement de Dublin pour éviter qu'une même demande soit déposée dans plusieurs pays européens : ce sont aussi des conditions pour accueillir dignement les réfugiés qui ont vocation à s'installer durablement dans notre pays.”

 

Une réforme déjà polémique

Le projet de loi pour réformer le droit d’asile en France doit être présenté courant janvier, mais le texte, dont quelques idées ont été distillées ces dernières semaines, et la politique migratoire gouvernementale suscitent déjà des polémiques. Deux circulaires récentes qui demandent plus de reconduites à la frontière de la part des préfets ainsi qu’un "recensement administratif" des personnes en hébergement d'urgence, ont notamment été vivement critiquées. Y compris en interne.

Ainsi, Sonia Krimi, députée LREM de la Manche, n’a pas hésité à interpeller le gouvernement devant l’Assemblée nationale, réclamant une politique "plus juste et plus humaine" sous la vive approbation de l'opposition de gauche, mais aussi d'une partie de ses collègues.

Quelques jours avant la tribune de Christophe Castaner, l'ancien candidat PS à la présidentielle Benoît Hamon a aussi accusé le gouvernement d’appliquer "la politique migratoire la plus répressive que notre pays a connue depuis des décennies", dans une tribune également publiée par le Journal du Dimanche. Et l’ex-socialiste de conclure : “Notre doctrine de l'action sociale est basée sur une notion fondamentale : l'inconditionnalité de l'accueil”.

 

Info migrants, le 02/01/2018.