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Les pays de Visegrad font sombrer la réforme de l’asile

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Face à l’opposition des pays du groupe de Visegrád, Jean-Claude Juncker et sa Commission ont officiellement abandonné leur objectif de réformer le système d’asile européen.

 

Les règles dites « de Dublin » définissant le système d’asile européen placent un fardeau considérable sur les pays de première ligne, comme la Grèce ou l’Italie, en obligeant les réfugiés et migrants à faire leur demande d’asile dans le premier pays européen où ils mettent le pied.

Durant les quatre premières années de son mandat, le commissaire à la migration, Dimitris Avramopoulos, a vu ses propositions comme la réinstallation ou la relocalisation obligatoire des demandeurs d’asile systématiquement rejetées par les pays du groupe de Visegrád (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie).

L’Autriche, dont la coalition gouvernementale inclut un parti d’extrême droite et qui occupe jusqu’à la fin de l’année la présidence de l’UE, s’oppose également à une relocalisation des demandeurs d’asile dans toute l’Union.

 

Une approche « pragmatique »

Aujourd’hui, il est temps d’être « pragmatique », a déclaré le commissaire face au Parlement européen, qu’il appelle à adopter seules cinq des sept mesures sur la réforme du système d’asile, sur lesquelles il existe un accord avant les élections.

Les cinq propositions consensuelles sont :

  • le règlement relatif aux conditions que doivent remplir les demandeurs d’asile
  • la directive sur les normes minimales pour l’accueil des demandeurs d’asile
  • le règlement sur une agence européenne d’asile
  • le règlement d’Eurodac
  • la réglementation sur le cadre de réinstallation

Du côté des textes qui divisent, on retrouve la réglementation sur la procédure d’asile et le règlement de Dublin lui-même. Sur ces sujets, Dimitris Avramopoulos a décidé de jetter l’éponge et indique que les États membres devraient s’engager de manière « volontaire ».

Lors de périodes de pression extrême, un filet de sécurité devrait être intégré au système, afin d’assurer qu’en l’absence d’un nombre suffisant de pays volontaires, un soutien pourrait tout de même être garanti aux États membres les plus concernés, a-t-il ajouté à l’intention des eurodéputés.

D’ici là, des arrangements temporaires pourraient être mis en place, jusqu’à l’application du nouveau règlement de Dublin.

 

Les Verts au créneau

Dès la fin de l’intervention du commissaire, le groupe des Verts/ALE a publié une déclaration dénonçant la Commission et « l’effondrement du paquet européen sur l’asile ».

Pour Jean Lambert, porte-parole du groupe sur l’immigration, « démanteler le paquet sur l’asile, c’est enterrer une politique européenne commune en la matière. Sans un partage équitable de la responsabilité des demandeurs d’asile entre les États membres de l’UE, toute réforme de la politique d’asile européenne commune restera un patchwork. La Commission européenne ne rend pas justice à la notion de solidarité européenne en cédant aux caprices de Viktor Orbán et d’autres gouvernements de droite ».

« La répartition équitable des personnes qui demandent la protection exigée par le Parlement européen doit rester sur la table des négociations. Si aucune solution n’est possible avec tous les États membres, les pays qui souhaitent s’engager sur la voie de la solidarité et promouvoir une politique d’asile humaine doivent trouver des moyens de travailler ensemble à la redistribution des réfugiés », a-t-elle ajouté.

 

Euractiv par Manon FLAUSCH, le 05 Décembre 2018

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