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Le centre de migrants Porte de la Chapelle à Paris commence à saturer

Bfmtv.fr

 

Les associations humanitaires s'inquiètent de la situation Porte de la Chapelle où le centre d'accueil de migrants a déjà accueilli plus de 5.000 personnes. Le centre commence à saturer, les bénévoles mettent en garde contre de nouvelles formations de campements en pleine rue.

 

 

 

Trois mois après son ouverture, le centre d'accueil de migrants Porte de la Chapelle ne désemplit pas. Début février, 5.249 migrants avaient été accueillis. Mais depuis quelques semaines, les scènes se répètent.

De plus en plus de migrants affluent aux abords du centre humanitaire et sont refoulés. Car les 400 places du centre sont toutes pourvues et les départs ne sont plus assez nombreux. Normalement, les migrants ne restent que quelques jours Porte de la Chapelle avant d'être réorientés vers des structures plus pérennes à travers la France, mais ces structures commencent elles aussi à être saturées.

"S'il n'y a pas de places supplémentaires et qu'on ne réaugmente pas le rythme de prise en charge, on va se retrouver avec des campements de rue très conséquents. Au rythme où les arrivées se font à Paris, on pourrait rapidement se retrouver avec 1.000 personnes à la rue d'ici peu", prévient Yvan, coordinateur de l'association Utopia 56.

En face du centre, le terre-plein central en face du centre est souvent occupé par des candidats à l'accueil, qui viennent chercher de la chaleur près des grilles du métro. La situation crée des tensions aux abords du centre où une rixe a d'ailleurs éclaté entre migrants lors d'une distribution de nourriture il y a quelques jours. Chaque jour, une centaine de migrants viennent tenter leur chance pour essayer d'être accueillis, en vain pour la plupart.

"Je suis là depuis deux semaines, je dors dans la rue. Tous les jours, il y a beaucoup de gens ici qui essaient de rentrer dans le centre. Mais nous n'avons aucune chance, il y a trop de gens", explique un migrant.

Crainte du retour des campements 'indignes"

La situation est dénoncée par la mairie de Paris et notamment par Eric Lejoindre, le maire du 18e arrondissement.

"Si la fluidité n'est pas assez importante, le risque c'est que des campements se créent et ça on ne veut plus le revoir, parce qu'on a connu cette situation, on sait qu'elle est indigne à la fois pour les migrants et pour les riverains", signale Eric Lejoindre, maire du 18e.

Pour le président de France Terre d'Asile, Pierre Henry, Paris attire car la réorientation vers un hébergement est plus rapide. Mais la capitale est devenue un "entonnoir" où les structures ne peuvent gérer toutes les demandes. Pour en sortir, il plaide pour la mise en place de "structures de transit", comme c'est le cas Porte de la Chapelle, dans toutes les capitales régionales.

5.249 migrants accueillis Porte de la Chapelle

Parmi les migrants accueillis, 3.740 hommes célibataires ont été hébergés selon les chiffres communiqués par la mairie de Paris. 1.070 mères isolées ont été prises en charge et 439 femmes seules orientées vers des centres en Ile-de-France.

Sur la totalité des personnes prises en charge, 37% étaient de nationalité afghane.

BFMTV, 20/02/2017