cp/ Déchéance de la nationalité
Mardi, 07 Septembre 2010 11:40
Entre chiffon rouge et poison de la division
Les médias le disent, faut-il pour autant les croire ? Nicolas Sarkozy aurait arbitré le débat interne au gouvernement sur la déchéance de la nationalité. Drôle d’arbitre, en vérité, que celui qui a établi si clairement le lien entre délinquance et immigration. En effet, c’est bien Nicolas Sarkozy qui, lors du discours de Grenoble avait demandé que la nationalité française puisse « être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte » à la vie d'un policier, d'un gendarme, ou de toute autre personne « dépositaire de l'autorité publique ».
Ce faisant, le chef de l’Etat a distillé dans la société française deux poisons : le premier consiste à légitimer la distinction entre « Français de souche » et « Français de papiers », portée par une partie volontiers xénophobe de la population ; le second insuffle une nouvelle dose de précarité dans l’esprit de « nouveaux Français » qui peuvent légitimement s’interroger sur la stabilité juridique de leur statut. Ces deux sentiments mêlés génèrent bien souvent la peur et la violence.
Il reste un amendement qui promet la déchéance de nationalité à ceux « qui portent atteinte à la vie d’une personne dépositaire d’une autorité publique ». Ainsi, la gravité de l’acte serait plus importante lorsqu’une personne naturalisée le commet ! Permettons-nous de douter de l’efficacité et de l’exemplarité de la peine promise pour juguler la grande délinquance. Le droit de la nationalité n’a pas à être utilisé pour sanctionner des comportements déviants et pénalement répréhensibles. Ce n’est pas son rôle.
Il y a aussi dans cette proposition un côté chiffon rouge qui ne doit pas nous faire oublier le cœur du projet de loi sur l’immigration, qui sera discuté à partir du 27 septembre à l’Assemblée nationale. Celui-ci renforce le régime d’exception qui s’applique aux étrangers, pour qui le respect des droits garantis à chaque individu se trouve toujours plus écorné.
Paris, cp/ France terre d'asile, le 07/09/2010





Ajouter un Commentaire