Suite Seine-Saint-Denis: La disparition de 60 places d’hébergement

Jeudi, 02 Février 2012 12:45

Mardi matin, nous vous faisions part, à travers un communiqué, de notre indignation et de notre consternation face à la disparition programmée de 60 places d’hébergement en logement transitoire destinées aux bénéficiaires de la protection internationale en Seine Saint-Denis. Nous vous informions notamment de l’absurdité de cette décision tant sur le plan humain que sur le plan financier : 17 ménages réfugiés statutaires, soit 48 personnes dont 20 enfants,  en droit de s’intégrer durablement en France, mis à la rue;  fermeture de 60 places d’hébergement coûtant moins de 7.50 euros par jour et par personne…

La médiatisation de cette affaire ainsi que la mobilisation depuis deux jours des élus de la Seine-Saint-Denis, et tout particulièrement du président du Conseil général, Claude Bartolone, semble avoir sorti les services de l’Etat de  leur silence et immobilisme constatés depuis plusieurs mois. Il s’avère que la « discrétion » des services de l’Etat et l’absence de réponse à nos courriers, ne seraient le fruit que d’un malheureux hasard : la lettre émanant du préfet portant accord de financement, se serait égarée dans les services de la préfecture depuis fin décembre.

Qu’ importe la raison! La seule chose qui nous préoccupe aujourd’hui, c’est de pouvoir reconstruire ce dispositif que nous avons dû démanteler en début d’année en raison du mutisme chronique des services de l’Etat. Mes services sont donc dans l’attente de l’engagement formel de l’Etat à financer ce dispositif en 2012.

Nous vous remercions de votre soutien actif et  vous demandons de rester mobilisés et vigilants sur cette affaire. Pour notre part, nous vous informerons régulièrement de son évolution.

France terre d'asile, le 02/02/2012.

Communiqué du président du Conseil général du 93 en soutien à France terre d'asile:


                                                                                                            *   *   *

 Fermeture de places d’hébergement pour les bénéficiaires de la protection sociale internationale : une décision consternante et coûteuse

 Claude Bartolone condamne l’abandon par le Gouvernement de l’aide à l’hébergement des réfugiés mise en place par l’association France Terre d’Asile en Seine-Saint-Denis 

Alors que la France affronte une première vague de grand froid, le Gouvernement va cesser de financer 60 places de logements-relais en Seine-Saint-Denis. L’association France Terre d’Asile (FTDA), qui depuis des années permet à des bénéficiaires de la protection internationale de trouver des solutions d’accueil grâce à ces logements, va devoir renoncer à son dispositif dans les semaines qui viennent.

La décision du Gouvernement est d’abord choquante, parce qu’elle condamne des personnes à qui la France doit assistance, à l’errance et à la rue. Mais cette décision est ensuite coûteuse, parce que là où les structures de FTDA menacées permettent une prise en charge des bénéficiaires de la protection internationale pour moins de 7,5 euros par personne et par jour, le fait de laisser ces personnes à la rue les voue à solliciter les dispositifs de droit commun, que l'on sait bien plus coûteux.

Absurdité budgétaire et indifférence au devoir d’accueil des réfugiés se rejoignent ici pour souligner combien, encore une fois, le Gouvernement n’a cessé de tourner le dos au respect des engagements internationaux de la France. J’en appelle solennellement à la réaction du Gouvernement, pour préserver le dispositif national d’accueil des réfugiés d’une dégradation consternante en plus d'aller contre le souci de bonne gestion des deniers publics.


Communiqué du Front de Gauche en soutien à France terre d'asile:


"Groupe communiste, citoyen, Front de gauche
pour une transformation sociale et écologique"

   Bobigny, le 1er février  2012


Non à la fermeture de 60 places d’hébergement
pour les bénéficiaires de la protection internationale en Seine-Saint-Denis
Nous soutenons France Terre d’asile

Nous partageons la colère des représentants de l’association France Terre d’Asile, contraint de fermer 60 places d’hébergement pour les bénéficiaires de la protection internationale en Seine Saint Denis, faute de ressources financières suffisantes, l’Etat ayant supprimé son soutien. .
 
Disposé en 15 logements relais, ce dispositif avait largement fait ses preuves dans l’accueil de demandeurs d’asile, seuls ou en familles. La perspective de les conduire dans des dispositifs d’hébergements classiques déjà saturés en Seine Saint Denis est révoltante. Où vont-ils aller ? Dans la rue ? Le métro ? Un retour au pays ? C’est un très mauvais coup pour des hommes, des femmes et des enfants déjà fragilisés par un exil. 

Pour toutes ces raisons, nous demandons à L’Etat de revenir sur sa décision afin d’abonder, en moyens nécessaires, le retour au dispositif initial. Sans attendre, nous nous adressons au préfet, en ce sens. 

Nous sommes aux côtés de France Terre d’asile et les accompagnerons dans toutes les formes d’actions que ses responsables et ses bénévoles jugeront nécessaires.


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