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L'Italie lance un vaste plan pour les demandeurs d'asile

france 24

 

Face à l'explosion des demandes d'asile déposées en Italie, le gouvernement italien a adopté vendredi un décret-loi qui a pour but d'améliorer l'accueil de ces migrants, mais aussi de mettre un frein aux arrivées et d'expulser les déboutés.

 

L’Italie, touchée de plein fouet depuis le début de la crise migratoire par l’arrivée massive de migrants, cherche à améliorer l’accueil des demandeurs d’asile sur son territoire, mais multiplie aussi les efforts pour endiguer les arrivées et expulser les déboutés. Le Conseil des ministres italien a ainsi adopté vendredi 10 février par décret-loi une série de mesures qui entrent en application immédiatement, mais qui devront encore être approuvée sous deux mois par le Parlement.

 

Réduire la durée des recours

Le nombre de demandes d’asile sur le sol italien est passé de 23 620 en 2013 à 123 482 en 2016. Malgré les efforts des autorités, la durée moyenne d’examen des demandes est de 268 jours, contre 167 au début de la crise migratoire. Pour les migrants, la demande d'asile est un passage obligé, que Rome vise à accélérer. "On ne peut pas laisser ces personnes infiniment dans les limbes", a expliqué le ministre de la Justice, Andrea Orlando, lors d’une conférence de presse.

Afin d’améliorer le travail des commissions d’examen des demandes d’asile, Rome va ainsi créer 14 tribunaux spécialisés et recruter 250 spécialistes supplémentaires. Avec cette mesure, le gouvernement entend surtout réduire la durée des recours en justice des quelque 60 % de demandeurs auxquels les commissions d’asile n’accordent pas de titre de séjour. Au lieu de saisir le tribunal de grande instance local puis éventuellement une cour d’appel, les déboutés du droit d’asile devront dorénavant saisir un de ces nouveaux tribunaux, dont les décisions ne pourront être réexaminées que lors d’un recours en Cassation.

Le gouvernement va également créer une vingtaine de "centres permanents de rapatriement", avec une capacité totale de 1 600 places, où les déboutés ayant épuisé leur recours seront conduits en attendant une reconnaissance de leur pays d’origine.

 

Mieux répartir les demandeurs d’asile

Le décret-loi adopté vendredi s’accompagne également de nouvelles mesures pour répartir au mieux les demandeurs d’asile dans des petites structures, avec un objectif de 2,5 demandeurs pour 1 000 habitants. "Ce n’est pas demain que toutes les communes vont s’y mettre, mais c’est un premier pas", a commenté à l’AFP Matteo Biffoni, chargé de l’immigration à l’Association des communes d’Italie (Anci). "L’accueil des migrants est une question difficile et pas très populaire, mais si tout le monde fait un effort, cela devient gérable", a-t-il ajouté. Pour encourager les communes qui jouent le jeu, l’État va leur verser cette année un total de 100 millions d’euros de rétribution.

Le gouvernement veut aussi favoriser l’intégration des demandeurs d’asile en leur proposant des travaux d’intérêt général sur la base du volontariat, comme c’est déjà le cas dans certaines communes où ils s’occupent des espaces verts ou aident la Croix-Rouge. Mais dans un pays où le taux de chômage des jeunes atteint 40 %, le projet passe mal auprès des syndicats qui dénoncent une forme d’exploitation, et auprès de certaines communes qui préfèrent embaucher leurs administrés.

Enfin, en amont et pour tarir le flux de réfugiés, Rome entend soutenir la lutte contre les réseaux de passeurs en Libye, par où sont passés 90 % des migrants débarqués en 2016 et près de 100 % de ceux arrivés depuis janvier.

 

France 24, le 13/02/2017

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