Demandeurs d'asile à Angers
Lundi, 09 Janvier 2012 10:27

Jeudi 3 novembre, les élus angevins ont rencontré Claude Guéant. Le ministre de l'Intérieur leur a promis une meilleure répartition des flux migratoires à l'échelle régionale. Qu'en est-il ?
À l'automne dernier, Angers avait largement dépassé sa capacité d'accueil. Une situation critique qui obligeait les élus angevins à solliciter une rencontre avec le ministre de l'Intérieur. « Depuis, on est moins sous tension », admet Rose-Marie Véron, adjointe à l'Action sociale de la ville d'Angers, membre de la délégation.
« Au dernier trimestre 2011, nous avons enregistré une amélioration », indique Jean-François Fribault, directeur de l'Abri de la Providence. Son association est en charge de l'Espace accueil, une structure entièrement dévouée aux primo demandeurs d'asile. « La diminution des flux de nouveaux arrivants se vérifie plus précisément sur le dernier trimestre 2011 », constate-t-il. « De 900 demandeurs d'asiles l'an dernier en 2010, nous sommes revenus à un peu plus de 700 nouvelles en 2011. » Une baisse sensible. « Des personnes ont été réorientées en Sarthe et en Vendée. Ainsi qu'en Loire-Atlantique, un département lui aussi saturé. »
Concernant les procédures prioritaires, « nous n'avons pas la possibilité de réorienter les personnes concernées vers d'autres départements », explique Malika Glanny, de France terre d'asile. « Dans ce cas précis, il n'y a aucune amélioration », déplore-t-elle.
Angers, ville attractive
« Pour une estimation chiffrée, nous ferons un bilan fin janvier », indique Alain Rousseau, secrétaire général de la Préfecture. « La réorientation géographique est un élément important de l'amélioration de l'accueil des demandeurs d'asile », poursuit le fonctionnaire.
La ville d'Angers est fortement attractive. « Ici, il existe une tradition d'accueil, des associations et des collectivités mobilisées », explique Jean-François Fribault. Angers fait partie de la trentaine de villes dotée d'une plateforme habilitée à domicilier des demandeurs d'asiles. L'Anjou a, en quelque sorte, été victime de sa bonne réputation. « Les structures ont été saturées. Leurs personnels débordés », se rend à l'évidence le responsable de l'Espace accueil.
De nombreux Somaliens, Éthiopiens et Érythréens sont arrivés à Angers ces dernières années. « Il existe un phénomène "affinitaire", analyse Alain Rousseau. Ce qui explique le regroupement de populations provenant de la Corne de l'Afrique. » Mais leur afflux se serait ralenti. "En revanche, nous enregistrons une recrudescence d'arrivées de Géorgiens et de Kosovars", observe Jean-François Fribault.
Une nouvelle donne
« L'accalmie ne nous dispense pas d'être vigilants », rappelle Rose-Marie Véron. L'Office français de l'immigration redéfinit en ce moment le cahier des charges des structures d'accueil. En filigrane, l'élue y perçoit une possible détérioration de la prise en charge.
« Nous craignions que l'accompagnement en pâtisse. Les prestations sociales de ces publics en difficultés pourraient être directement impactées », explique l'adjointe à l'Action sociale. De nouveaux modes opératoires devront être mis en place. « Ce sera l'objet d'une réunion fin janvier avec l'ensemble des structures concernées », conclut l'élue.
Antonin GALLEAU
Ouest-France, le 09/01/2012









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