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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 16 au 30 avril 2020

En pleine crise du COVID-19, la Bosnie-Herzégovine envisage le placement systématique en rétention et l’expulsion des personnes migrantes sans papiers, qui constitueraient un « fardeau » économique, social et sanitaire pour le pays. 

 

Article Bosnie c Adobe Stock

© Adobe Stock

 

En février, le ministre bosnien de la Sécurité, Fahrudin Radončić, réclamait un soutien de la part de l’Union européenne (UE) pour faire face à la « crise migratoire », déclarant « qu'[elle] ne doit pas être traitée uniquement comme une question humanitaire [mais aussi] comme une crise sécuritaire ». Un mois plus tard, le représentant local de l’Organisation internationale pour les migration (OIM), Peter Van der Auweraert, affirmait que le pays pourrait être confronté à près de 10 000 arrivées quotidiennes suite à l’ouverture de la frontière gréco-turque.

Ces inquiétudes se sont renforcées avec la pandémie de COVID-19, les camps autour de la municipalité de Bihać, au nord-ouest du pays, étant particulièrement insalubres. Environ 1 500 personnes se seraient établies dans cette zone à la frontière avec la Croatie, pays membre de l’UE. Pour faire face à ce risque sanitaire, et sous la pression des associations et organisations internationales, un nouveau centre d’accueil a été inauguré dans le village voisin de Lipa le 22 avril, déclenchant la colère des habitants. D’une capacité de 1 000 places en tentes, il est géré par l’OIM. La police a déjà procédé aux premières mises à l’abri de personnes à la rue ou qui vivaient dans des logements abandonnés, et a fait savoir qu’environ 100 personnes y seraient transférées quotidiennement, en bénéficiant d’un examen médical. Le 17 mars, les autorités avaient déclaré une mise en quarantaine complète des personnes migrantes ainsi que des représentants d’associations dans les centres d’accueil du pays.

Mais pour le ministre Fahrudin Radončić, en plus de représenter une menace potentielle pour la sécurité, ces personnes constituent un « fardeau » en cette période d’épidémie. Le 23 avril, il a fait part d’un nouveau projet de loi relatif à l’expulsion des personnes migrantes séjournant illégalement sur le territoire. Selon sa proposition, toute personne – à l’exclusion des réfugiés syriens – dans l’incapacité de fournir une pièce d’identité valide sera incarcérée, plutôt que logée dans un centre d’accueil, avant d’être expulsée. Le Service bosnien des affaires étrangères aurait d‘ores et déjà commencé à préparer un registre de “migrants illégaux” ; le ministre de la Sécurité ayant émis la volonté d’expulser 9 000 à 10 000 personnes, dans un pays ne comptant pourtant qu’environ 7 200 « personnes migrantes enregistrées ».  

Voir ici notre dernier article sur la situation en Bosnie-Herzégovine publié le 24/02/2020.

Article publié le 28/04/2020

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