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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 décembre 2020

Un accord a été conclu entre l’Union européenne et la Grèce pour construire d’ici septembre 2021 un nouveau camp sur l’île de Lesbos, qui remplacera le camp insalubre de Moria, détruit dans un incendie en septembre. En attendant, les conditions de vie des 7 500 personnes qui vivent dans le camp provisoire de Kara Tepe continuent de susciter l’inquiétude des ONG.  

Article Grèce
© Fotomoviento

 

La Commission européenne et la Grèce ont signé, le 3 décembre 2020, un protocole d’accord pour la mise en place d’ici septembre 2021 d’un nouveau « centre d’accueil conforme aux normes » sur l’île de Lesbos. Celui-ci est destiné à remplacer le camp insalubre de Moria, ravagé par un incendie en septembre.

Cet accord est le fruit du travail de la taskforce européenne mise en place en septembre, chargée de résoudre la situation d’urgence à Lesbos. L’accord conclu entre l’Union européenne (UE) et la Grèce prévoit une nouvelle répartition des responsabilités entre la Commission, les autorités grecques et les agences de l’UE, notamment sur la base des principes du nouveau Pacte sur la migration et l'asile. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a ainsi déclaré que cet accord visait à « mettre en place des procédures rapides et équitables » pour l'examen des demandes d'asile, de sorte que les centres d’accueil ne soient « qu’un arrêt temporaire avant le retour ou l'intégration ».

Cet accord constitue une étape importante pour « s'assurer qu'une situation comme celle de Moria ne se reproduise plus », a ajouté la Commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson. La Commission prévoit de consacrer 130 millions d’euros pour les sites de Chios et de Lesbos, dont la très grande majorité pour ce dernier. Le 12 novembre, un accord financier de 121 millions d’euros avait également été trouvé pour la construction de centres d’accueil fermés et contrôlés sur les îles de Samos, Kos et Leros.

Depuis la destruction du camp insalubre de Moria, 7 517 demandeurs d’asile se trouvent, selon des données officielles des autorités grecques, dans le camp provisoire de « Kara Tepe – Mavrovouni », dans des conditions extrêmement précaires à l’approche de l’hiver. Un rapport de l’organisation Human Rights Watch, publié le 8 décembre, révèle notamment que les demandeurs d’asile présents sur le camp sont exposés à des risques de contamination au plomb, celui-ci ayant été construit à la hâte sur un ancien terrain militaire.

Alors que les conditions de vie des demandeurs d’asile sur le camp suscitent l’inquiétude des ONG, le gouvernement grec a récemment émis un décret imposant une clause de confidentialité aux travailleurs humanitaires. Le décret empêche ainsi « toutes les personnes » travaillant dans les camps de réfugiés de révéler des « informations, documents ou données » sur leurs résidents et menace également les ONG de poursuites légales.

 

Article publié le 11/12/2020

Voir ici notre dernier article publié le 18/11/2020 sur les accusations de refoulement à l’égard de la Grèce et la construction de nouveaux centres d’accueil sur les îles égéennes.