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Camps de migrants à Paris et Saint-Denis: 1 606 personnes évacuées

le parisien


Elles vivaient autour de l’échangeur A1/périphérique depuis des mois dans des tentes et des baraques de fortune.

 

Une importante opération d'évacuation de deux campements à cheval sur le nord-est de Paris et la Seine-Saint-Denis s'est déroulée ce jeudi matin, conformément à l'annonce du ministre de l'Intérieur la veille. Mercredi à midi, dans le cadre du Conseil interministériel sur l'immigration, Christophe Castaner avait affirmé que l'évacuation aurait lieu « avant la fin de l'année ».

Sous une pluie battante, près de 600 policiers étaient déployés dès l'aube, pour prendre en charge des exilés qui vivent depuis des mois porte de la Chapelle, côté Paris, et le long de l'avenue Wilson, côté Saint-Denis, sous des bâches en plastique, tentes et baraques de fortune. C'est aussi là que stagnent des consommateurs de crack, sur une butée râpée qui a tristement gagné le surnom de « colline du crack ». Mais cette partie sera traitée « d'ici Noël », selon Christophe Castaner, le temps de trouver des places d'hébergement sanitaire.

 

Des centaines de migrants évacués de la porte de la Chapelle

Les migrants devaient être conduits vers des bus pour être ensuite temporairement installés dans des gymnases ou des centres d'accueil franciliens, dans une opération conjointe de la préfecture de police de Paris et la préfecture de la région Ile-de-France. La mise à l'abri concerne d'abord les familles avec femmes et enfants. Elles sont au moins 250. Quinze gymnases sont réquisitionnés dans toute la région pour accueillir les migrants évacués de la Porte de la Chapelle et de l'avenue Wilson à Saint-Denis.

La maire de Paris Anne Hidalgo (PS) était sur place vers 6 heures. Elle a expliqué qu'une réunion avec treize maires avait eu lieu dix jours plus tôt au ministère de l'Intérieur. « On n'est pas confrontés à un afflux de migrants tel qu'on ne pourrait pas l'assumer, notre pays est en mesure d'accueillir » ces personnes « dans la dignité », a-t-elle plaidé. « La rue n'est pas un lieu pour vivre, c'est un lieu de danger, d'indignité », a-t-elle insisté, pour les migrants comme pour les riverains.

Pour permettre l'opération, la circulation a été progressivement empêchée. Sur la chaussée extérieure du périphérique, à 5h40, une voie était fermée et la bretelle d'accès au boulevard alignait les véhicules de police. À partir de 6h30, il est impossible d'accéder au périphérique par l'A1, pas plus que de quitter la capitale par cet axe.

Peu après 9h30, la préfecture de police de Paris a annoncé que l'opération s'était achevée et que « 1 606 personnes (avaient) été évacuées ».

Dans les prochains jours, selon les associations, les forces de l'ordre devraient évacuer le campement de la porte d'Aubervilliers, dont les tentes et les baraques de fortune ont peu à peu conquis les contreforts et recoins du boulevard périphérique, sur plusieurs centaines de mètres. Au total, les associations avaient recensé début octobre que 3 000 personnes vivaient portes de la Chapelle, d'Aubervilliers, de la Villette et à Saint-Denis.

 

Le Parisien, par J. CI., publié le 07/11/2019

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