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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 16 au 30 avril 2020

Pour pallier le manque de travailleurs dans l’agriculture et renforcer les systèmes de santé, des gouvernements européens comptent sur la mobilisation des demandeurs d’asile et des réfugiés qualifiés.

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Avec l’augmentation du nombre de contaminations de COVID-19 en Europe, le personnel soignant tend à manquer: en Allemagne, l’Institut Robert Koch – le référent national de santé publique – estime qu’environ 2 300 médecins ou infirmiers seraient malades ou confinés, ce qui a entrainé, rien qu’en Bavière, la fermeture de 244 cabinets médicaux. L’Ordre des médecins de Saxe, dans l’ouest du pays, a lancé un appel le 17 mars à « tous les médecins étrangers vivant en Saxe mais qui [n’ont] pas encore obtenu leur licence médicale », parmi lesquels de possibles réfugiés, à condition de parler allemand. Le recrutement de réfugiés qualifiés pour venir en appui aux structures médicales est aussi envisagé au Royaume-Uni, où la durée des visas des soignants a été prolongée le  31 mars. Dans les deux pays, plusieurs centaines de professionnels de santé se sont déjà portés volontaires. 

 

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et le Conseil de l’Europe ont exhorté le 14 avril les États membres à solliciter les réfugiés qualifiés dans le domaine médical, rappelant l’existence du « Passeport européen des qualifications des réfugiés ». Ce document ne correspond pas à un diplôme mais « fournit une évaluation des qualifications académiques […] et des informations fiables au vu de l’intégration sur le marché du travail », ce qui pourrait permettre l’accélération des recrutements en cette période de pandémie. En effet, outre-Manche, le député des libéraux-démocrates Edward Davey insistait sur la lenteur des procédures. À l’image d’autres pays, et bien que les réfugiés statutaires ont le droit de travailler, les autorités sanitaires doivent fournir des autorisations, et même s’ils ont déjà exercé dans leur pays d’origine, ils doivent passer différents tests à cause du manque de reconnaissance de leur diplôme et de lacunes linguistiques.

 

Outre les soins de santé, le secteur agricole est aussi particulièrement touché par la pénurie de main d’œuvre, du fait du confinement et de la fermeture des frontières européennes, qui empêchent la venue des habituels travailleurs saisonniers étrangers. Un certain nombre de pays européens ont donc décidé d’autoriser les demandeurs d’asile qui ne le pouvaient pas à travailler, ou à faciliter leur embauche. En Belgique, les personnes qui ont soumis une demande de protection auront l’opportunité de travailler pendant toute la durée de la procédure, même pendant un recours. À Chypre et en Espagne, l’accès au travail agricole a également été facilité pour les demandeurs d’asile, la plupart du temps de façon temporaire. Enfin, les autorités italiennes prévoient de régulariser des dizaines de milliers de personnes pour combler le manque de main d’œuvre dans les exploitations agricoles. Plusieurs associations s’inquiètent néanmoins des conditions de vie de ces travailleurs.

 

Quant aux ouvriers saisonniers étrangers, le gouvernement allemand s’est accordé pour alléger les mesures de fermeture et de surveillance des frontières et faire venir 40 000 personnes d’Europe de l’Est en avril et mai, dans l’espoir de préserver les récoltes. Les entrées dans le pays seront possibles uniquement par avion et des contrôles sanitaires seront obligatoires en amont.

 

Voir ici notre dernier article publié sur les orientations de la Commission européenne pour la période de pandémie.

Article publié le 24/04/2020

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