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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 16 au 30 novembre 2019

Le 15 novembre, les autorités locales ont menacé d’imposer un « confinement total » dans les centres d’hébergement de Bira et Miral, proches de la frontière avec la Croatie, afin de forcer le gouvernement bosnien à reloger leurs 2 300 résidents.

 

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© IFRC


Outre le relogement des personnes actuellement hébergées dans les deux principaux centres d’hébergement de Bosnie, Bira et Miral, les autorités locales souhaitent également s’assurer, en y empêchant toute nouvelle entrée ou sortie, que les contrats de bail ne seront pas renouvelés. Les tensions se font en effet de plus en plus vives dans le canton d’Una-Sana, dans le nord-ouest du pays, où 8 000 migrants vivaient en juin 2019, dans l’espoir de franchir la frontière croate vers l’Union européenne. En parallèle de l’annonce des pouvoirs locaux, des centaines d’habitants de Bihac ont ainsi protesté contre la présence de personnes migrantes, exigeant notamment la fermeture des camps situés en périphérie de la ville.

Chargée de la gestion des deux centres depuis fin 2018, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), par la voix de son représentant en Bosnie Peter Van Der Auweraert, a vivement critiqué ce blocus qui risque d’avoir de graves conséquences humanitaires dans la région : les personnes ne pouvant plus y être accueillies trouveront désormais refuge dans les bois environnants, où 1 500 personnes vivent déjà dans des abris de fortune, ou au sein du camp de Vucjak, dont les « conditions inhumaines » ont été maintes fois dénoncées. S’exprimant le 14 novembre devant le Parlement européen, le Commissaire européen à la Migration Dimitris Avramopoulos a à ce titre appelé à l’évacuation du camp et a demandé à ce qu’un hébergement adéquat soit fourni aux personnes migrantes de la région afin « d’éviter une crise humanitaire majeure durant l’hiver ». Si le gouvernement bosnien a, selon l’OIM, approuvé l’ouverture de deux nouveaux centres d’hébergement dans d’autres villes, l’organisation regrette pourtant de ne disposer d’aucun détail quant au délai d’ouverture et au nombre de places, et ce malgré l’urgence de la situation.

Article publié le 18/11/2019