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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 16 au 31 octobre 2020

Alors que les traversées vers la Grande-Bretagne à partir des côtes françaises se sont multipliées depuis le début de l’année 2020, le gouvernement britannique réfléchit à différents moyens pour rendre la Manche impraticable et éloigner les demandeurs d’asile arrivés sur le territoire.

Royaume Uni c Swanage Dorset

© Swanage Dorset

 

Le gouvernement britannique songe ainsi à installer des filets le long de ses côtes pour bloquer les hélices des embarcations et intercepter les migrants qui se trouvent à leur bord. Cette mesure a été dévoilée le 10 octobre dans le Daily Telegraph par Dan O’Mahoney, un ancien officier de la Marine Royale nommé le 9 août dernier « Commandant en charge du risque clandestin dans la Manche » par la Secrétaire d’État à l’Intérieur, Priti Patel. Dan O’Mahoney a déclaré que les autorités britanniques envisagent de renvoyer vers la France les personnes migrantes interceptées, ce que refuse le gouvernement français.

Outre le déploiement de filets, le gouvernement de Boris Johnson ambitionnerait également de mettre en place un système « offshore » de traitement des demandes d’asile, directement inspiré de la politique migratoire australienne. Les demandeurs d’asile seraient ainsi détenus pendant toute la durée de la procédure dans des ferries au large des côtes britanniques ou dans des centres de rétention situés dans des pays tiers, au Maroc, en Moldavie ou en encore en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Début octobre, Priti Patel avait par ailleurs appelé à réformer le système d’asile « déficient » du royaume, dans le but notamment d’accélérer l’éloignement des personnes déboutées de leur demande de protection.

Les autorités avaient enfin émis l’idée d’accueillir les demandeurs d’asile dans des territoires d'outre-mer et d’installer des pompes génératrices de vagues afin de repousser les embarcations de migrants des côtes britanniques. Ces mesures avaient toutefois rapidement été écartées du fait de la complexité de leur mise en œuvre et du danger qu’elles auraient fait encourir aux personnes en mer.

Depuis le début de l’année, le gouvernement britannique se trouve confronté à une augmentation record des arrivées par la Manche : 1 951 personnes ont débarqué sur les côtes anglaises en septembre, soit autant que pendant l’ensemble de l’année 2019. Les passeurs surchargent les embarcations dans le but de diminuer le coût des traversées, les rendant de facto plus risquées. Le 18 octobre, le corps sans vie d’un migrant d’une vingtaine d’années a été retrouvé sur une plage de Sangatte dans le Pas-de-Calais. 

 

Voir ici notre article publié le 13/08/2020 sur la stratégie des autorités britanniques pour durcir et déléguer davantage les contrôles aux frontières.

Article publié le 22/10/2020.