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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 septembre 2019

Alors que le nombre de migrants présents sur les îles égéennes grecques a dépassé les 20 000, soit une augmentation de 17 % en quelques semaines, le gouvernement a annoncé une série de mesures d’urgence afin de faire face à la saturation de ses capacités d’accueil.

 

Article Grèce Frantisek Trampota min © Frantisek Trampota

 

Jeudi 27 août, plus de 600 personnes ont débarqué sur l’île de Lesbos, portant le nombre total d’arrivées en Grèce à 9 600 au cours du mois d’août, et à 33 000 depuis le début de l’année 2019. Cette augmentation, inédite depuis les pics d’arrivées de 2015-2016, fait notamment suite au récent retrait de la Turquie de l’accord de réadmission signé avec l’Union européenne, et met le pays face à l’insuffisance de ses capacités d’hébergement. Surpeuplés, les « hotspots » grecs accueillent en effet près du triple de leur capacité. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés s’inquiète à ce titre de la dégradation des conditions de vie, tout comme l’Unicef qui alerte sur les problématiques liées à l’exposition particulière des enfants dans les camps après qu’un jeune Afghan de 15 ans a tué l’un de ses compatriotes et blessé deux autres personnes au sein du camp de Lesbos.

Redevenu le premier pays d’entrée des migrants en Europe, le nouveau gouvernement conservateur a depuis démontré sa volonté de durcir sa politique migratoire. Le 28 août, la police a évacué quatre squats de migrants dans le quartier athénien d’Exarchia et arrêté 143 migrants. Samedi 31 août, le gouvernement a de plus annoncé une série de mesures d’urgence: rappel du respect de l’accord UE/Turquie de 2016 à Ankara, transfert de plusieurs milliers de personnes vers le nord du continent, accélération du traitement des demandes d’asile, réduction des possibilités de recours ou encore renforcement des patrouilles frontalières de Frontex. Un premier groupe de 1 000 migrants a d’ores et déjà été transféré de l’île de Lesbos vers le camp de réfugiés de Nea Kavala dans le nord de la Grèce le 2 septembre.

« Profondément inquiet » devant cette nouvelle crise, le ministre adjoint chargé de la Protection du citoyen Georges Koumoutsakos a également réitéré son appel à davantage de solidarité européenne, et a demandé à la nouvelle Commission européenne « un partage plus juste du fardeau », au risque de voir la situation humanitaire s’aggraver rapidement.

Retrouvez notre article précédent sur le sujet ICI.