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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 février 2020

Face à la recrudescence du nombre de demandeurs d’asile et de réfugiés sur les îles égéennes et aux fortes contestations citoyennes, le gouvernement grec a annoncé le 29 janvier sa volonté d’installer une « barrière flottante » pour limiter le nombre de traversées depuis la Turquie.

 Article Grèce

 

La Grèce est redevenue, l’année dernière, la porte principale d’arrivée des personnes migrantes en Europe. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), presque 75 000 personnes auraient rejoint le pays en 2019, soit une augmentation de 50 % par rapport à 2018. En décembre 2019, le pays comptait environ 112 000 demandeurs d’asile et réfugiés, dont plus de 35 000 sont actuellement répartis sur 8 îles, pour une capacité d’accueil de seulement 5 400 personnes. Cette surpopulation a provoqué la colère de nombreux habitants, qui réclament la mise en place de mesures efficaces pour faire diminuer le nombre d’arrivées et renvoyer en Turquie les personnes déboutées de leur demande s’asile, comme le prévoit l’accord UE-Turquie de 2016.

 

Pour ce faire, le gouvernement prévoit d’organiser, dans le cadre de la nouvelle loi sur la protection internationale entrée en vigueur le 1er janvier 2020, des « itinéraires hebdomadaires de retour ». Les expulsions sont de fait bien plus fréquentes : une trentaine d’individus seraient ainsi renvoyés quotidiennement vers la Turquie depuis le 27 janvier. Le contrôle des frontières s’est lui aussi renforcé avec un premier recrutement de 400 patrouilleurs supplémentaires, auxquels s’ajouteront les 500 nouvelles personnes déployées en 2020 par le Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO) pour d’accélérer l’instruction des demandes de protection.

 

C’est dans ce contexte, et face à la crainte d’une augmentation des traversées avec l’arrivée du printemps, que le gouvernement grec a esquissé le projet d’installer, d’ici trois mois, une barrière flottante de 2,7 kilomètres de longueur et de 1,1 mètre de hauteur entre l’île de Lesbos et la Turquie, via un appel d’offres à destination d’entreprises privées et pour un budget de 500 000 euros. Pour Notis Mitarakis, le ministre des Migrations et de l’asile, un tel dispositif enverra un message dissuasif aux passeurs, montrant que les « règles du jeu » ont changé. Le projet a néanmoins suscité de vives réactions ; le parti d’opposition d’extrême gauche Syriza estimant notamment qu’il s’agit d’une « [violation] des règles européennes et internationales ». Pour Amnesty international, « cette proposition marque une escalade inquiétante dans les tentatives du gouvernement grec de rendre aussi difficile que possible l’arrivée de personnes demandeuses d’asile et réfugiées sur ses côtes. Cela exposerait davantage aux dangers celles et ceux qui cherchent désespérément la sécurité ».

 

Lire ici notre dernier article publié sur la Grèce le 24/01/2020.

Article publié le 04/02/2020