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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 16 au 30 juin 2020

Le gouvernement hongrois a adopté le 18 juin la loi « VIII 2020 » sur la fin de l’état d’urgence qui enlève la possibilité de déposer une demande d’asile dans ses centres de transit.

 

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Un jeune Syrien à la frontière serbo-hongroise en 2015 © Mario Fornasari

 

Le 1er mars, avant même que le premier cas de coronavirus ne soit déclaré dans le pays, le ministre hongrois des Affaires étrangères avait annoncé la suspension des dépôts de nouvelles demandes d’asile, qui n’étaient possibles que dans les centres de transit à la frontière serbe, en arguant d’une prétendue « connexion entre le COVID-19 et l’immigration irrégulière ». La nouvelle loi du 18 juin pérennise cette mesure valable jusqu’à la fin de l’année 2020, et pouvant être potentiellement prolongée, alors même que l’état d’urgence sanitaire a pris fin le 16 juin.

Dorénavant, les demandeurs d’asile devront préalablement s’enregistrer, sauf exceptions, auprès d’une ambassade hongroise à l’étranger. Après avoir rempli un formulaire et passé un entretien, ils pourront recevoir – ou non – un permis d’entrée en Hongrie, qui leur permettra cette fois d’adresser leur demande de protection en bonne et due forme. 

Les autorités hongroises avaient annoncé leur intention de bloquer les demandes d’asile après que la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) a ordonné le 14 mai la fermeture des « zones de transit », des structures considérées par la Cour comme des camps de rétention où étaient placés, parfois pendant plusieurs années, les demandeurs d’asile et les personnes en attente d’une expulsion.

 

La Hongrie craint désormais une reprise des arrivées de demandeurs d’asile sur la route des Balkans à partir de la Turquie, alors que le nombre de personnes entrées dans le pays a plus que doublé en 2019 par rapport à 2018. Le gouvernement a ainsi mis en place depuis 2015 une politique migratoire très restrictive, qui s’est plusieurs fois heurtée aux institutions européennes : outre la décision du 14 mai, la CJUE a jugé comme non conforme au droit de l’Union le 18 juin une loi très controversée adoptée en 2017, qui obligeait les associations hongroises à déclarer les dons supérieurs à 1 444 euros venant de l’étranger et à s’enregistrer en tant qu’ « organisation bénéficiant d’un soutien de l’étranger » en cas de financements étrangers supérieurs à environ 24 000 euros par an, et qui visait particulièrement à intimider les ONG d’aide aux personnes migrantes.

 

Voir ici notre article sur l’arrêt de la CJUE relatif aux zones de transit pour demandeurs d’asile en Hongrie, publié le 20/05/2020

Article publié le 23/06/2020

 

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