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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 février 2020

En janvier 2020, le nombre d’arrivées de personnes migrantes dans les îles Canaries, un archipel espagnol situé au large de la côte nord-ouest de l’Afrique, a été multiplié par 12 par rapport à janvier 2019.

 

canaries

© Adobestock

 

Cet itinéraire, qui était très emprunté dans la seconde moitié des années 2000 – 30 000 individus avaient rejoint les Canaries par la mer en 2006 – est de nouveau envisagé par les exilés. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, entre le 1er et le 26 janvier 2020, 485 personnes sont arrivées sur l’archipel, contre seulement 40 en janvier 2019. Le 8 février, 20 personnes ont notamment été retrouvées sur une embarcation de fortune à plus de 800 kilomètres d’El Hierro, au sud-ouest des Canaries, et deux personnes ont péri, amenant à 4 le nombre de morts dans cette zone depuis le début de l’année. Parallèlement, le nombre des arrivées en Espagne continentale et dans les enclaves de Ceuta et Melilla, situées sur la côte marocaine, diminue largement : 32 513 demandeurs d’asile et réfugiés ont rejoint le pays européen en 2019, soit moitié moins que l’année précédente.

 

Cette diminution s’explique notamment par le renforcement des contrôles des autorités marocaines, possible notamment grâce aux fonds versés par l’Union européenne. En décembre 2019, la Commission européenne a renforcé son soutien au royaume avec un nouvel appui budgétaire de 101,7 millions d’euros pour « soutenir les efforts du Maroc dans la lutte contre le trafic d’êtres humains et la gestion de l’immigration clandestine, et en particulier pour sensibiliser les jeunes et leurs familles aux risques encourus en tentant de traverser la Méditerranée ». Les clôtures de Ceuta et Melilla, seules frontières terrestres partagées entre l’Europe et l’Afrique, ont par exemple été renforcées. Alors que cette assistance a permis de stopper 73 973 personnes qui tentaient de rejoindre l’Espagne en partant du Maroc, elle reste, selon le gouvernement marocain, encore insuffisante.

 

Cette politique oblige néanmoins les exilés à modifier leurs parcours ; ceux originaires d’Afrique Subsaharienne partant désormais de plus loin et ne transitant plus systématiquement par les pays d’Afrique du Nord : ils embarquent désormais depuis la Mauritanie, la Gambie ou le Sénégal, directement pour l’archipel des Canaries. Face à ces arrivées, le gouvernement espagnol cherche à augmenter le nombre d’expulsions : entre le 20 et le 27 janvier, 85 personnes ont ainsi été reconduites au Mali, sans avoir pu déposer une demande d’asile, suscitant la colère de nombreuses ONG militantes de défense des droits de l’homme. Une réunion devrait bientôt avoir lieu sur l’île de Grande Canarie, en présence du ministre de l’Intérieur espagnol Fernando Grande-Marlaska, pour discuter de potentielles mesures à mettre en œuvre.

 

Lire ici notre dernier article sur la route atlantique vers l’Europe, publié le 9 décembre 2019.

 

Article publié le 12/01/2020