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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 avril 2020

Alors que la Turquie espérait faire pression sur l’UE en décidant de ne plus retenir sur son territoire les personnes réfugiées, les autorités ont annoncé le 18 mars la fermeture des frontières avec la Bulgarie et la Grèce pour contenir la propagation du coronavirus.

Evolution à la frontière turque c Jörn Neumann

© Jörn Neumann

Le 28 février, le président turc Recep Tayyip Erdoğan avait ordonné de ne plus retenir les personnes migrantes sur son territoire, estimant ne plus être en capacité de les accueillir et reprochant à l’UE le non-respect de ses engagements prévus par l’accord de 2016. Les dernières négociations du 17 mars entre la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre britannique Boris Johnson, le président de la République française Emmanuel Macron et le président turc n’ont pas apporté de véritable réponse à cette crise humanitaire. De plus, le Conseil européen du 26 mars qui devait tenter d’apporter de nouvelles solutions a uniquement abordé la crise du coronavirus. 

Après que les autorités turques ont indiqué le 18 mars que les postes frontières allaient être fermés par mesure de précaution sanitaire, le ministre de l’Intérieur Süleyman Soylu a annoncé le 29 mars la mise à l’abri des personnes migrantes qui s’y étaient massées. Les pouvoirs publics affirment avoir conduit, à cause de l’augmentation du nombre de cas de COVID-19 en Turquie, près de 5 800 personnes dans des “centres de rapatriement”, dans neuf provinces. Le 17 mars, l’agence européenne Frontex avait pourtant décidé de maintenir les contrôles à la frontière, qui avaient été renforcés au début du mois, jugeant la situation toujours préoccupante: le jour de cette annonce, 350 personnes auraient en effet tenté de franchir la frontière vers la Grèce. 

Même si le climat entre les deux pays ne s’est pas apaisé, notamment avec la multiplication d’activités suspectes de navires turcs aux abords de la frontière, ces mesures ont tout de même été saluées par le gouvernement grec. Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a néanmoins affirmé qu’il ne s’agit que d’une trêve exceptionnelle et que la crise n’est pas résolue. Son gouvernement a par ailleurs pris différentes initiatives pour les personnes migrantes en cette période de pandémie. Les demandes d’asile, qui avaient été suspendues, auraient étaient rétablies pour les nouveaux arrivants - selon la Commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson qui s’est exprimée le 2 avril lors d’un débat au Parlement européen. Le même jour, les autorités grecques ont également ordonné la mise en place de certaines précautions sanitaires, comme la mise en quarantaine des 2 500 occupants du camp de Ritsona, au nord-est d’Athènes, après que 20 personnes y avaient été testées positives au COVID-19. Le confinement des camps de demandeurs d’asile des îles égéennes avait quant à lui été imposé dès le 18 mars.

Voir ici notre article publié le 06/03/2020 sur les mesures mises en place par l’UE en réponse à la situation à frontière gréco-turque et ici notre article publié le 10/03/2020 sur les réactions de la société civile.

Article publié le 03/04/2020