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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 novembre 2019

Depuis la découverte de 39 corps dans un camion près de Londres le 23 octobre, les faits similaires se succèdent, révélant ainsi de nouvelles voies de passage en Europe et les pratiques de plus en plus risquées de certains passeurs et trafiquants.

 

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©Adobe Stock 


Quelques jours après cette macabre découverte, 71 personnes ont été retrouvées vivantes dans plusieurs camions à Calais, dans le nord de la Belgique et à la frontière franco-italienne. Les 4 et 6 novembre, 57 autres ont été trouvées dissimulées dans des remorques de véhicules en Grèce et aux Pays-Bas. Au total, plus d’une centaine de personnes migrantes ont été retrouvées cachées à bord de camions au cours des dernières semaines en Europe. Les conducteurs ont tous été arrêtés, et les enquêtes vont désormais devoir déterminer s’ils appartenaient à des réseaux de passeurs ou de trafic d’êtres humains.

La multiplication de ces interceptions par les forces de police, notamment dans le nord de l’Europe, illustre le développement de nouvelles routes migratoires particulièrement organisées, faisant de la Belgique une voie alternative pour rejoindre le Royaume-Uni, en contournant les contrôles récemment renforcés à Douvres et Calais. L’utilisation de camions, frigorifiques dans de nombreux cas, révèle par ailleurs les pratiques de plus en plus dangereuses désormais privilégiées par les filières de passeurs pour échapper aux contrôles des caméras thermiques et des chiens de détection. Afin « d’éradiquer ces trafics d’êtres humains », Londres a annoncé le 28 octobre le renforcement des effectifs à ses frontières, ainsi que le déploiement de nouveaux agents d’immigration à Zeebrugge, en Belgique, où aurait transité le camion retrouvé dans la région britannique de l’Essex le 23 octobre.

Selon plusieurs ONG, cette évolution traduit la défaillance de la politique d’asile européenne, qui n’est pas parvenue à établir des voies sûres et légales vers l'Europe et qui contribue ainsi au développement de réseaux de traite d’êtres humains. La directrice de l’antenne britannique de l’ONG ECPAT, qui lutte contre l’exploitation des enfants, déclarait à ce titre que « cette affaire [du 23 octobre] est un exemple tragique des risques auxquels sont confrontées des personnes particulièrement vulnérables qui ne peuvent pas migrer de manière légale et sûre ».

 

Article publié le 12/11/2019