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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 16 au 30 juin 2019

Dans un mémorandum publié mardi 18 juin, la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe Dunja Mijatovic a rappelé à l’ordre les pays européens sur leur gestion migratoire, alors que plusieurs organisations africaines adressaient dans le même temps une lettre au président du Conseil européen Donald Tusk, appelant à une coopération avec les pays tiers qui respecte les valeurs de l’Union.

 

Article coopération pays tiers Ministère néerlandais des Affaires étrangères

© Ministerie van Buitenlandse Zaken

 

« Bien qu’ils aient le droit de contrôler leurs frontières et d’assurer la sécurité de leur territoire, les États ont également l’obligation de veiller au respect des droits consacrés par le droit maritime et la législation relative aux droits de l’homme et des réfugiés », a ainsi rappelé la Commissaire. Elle dénonce les « conséquences catastrophiques » des politiques de plus en plus restrictives mise en place par l’UE pour dissuader et empêcher les migrants de rejoindre ses côtes : manque de solidarité, criminalisation des opérations de sauvetage menées par les ONG, et coopération avec la Libye, dont la « mauvaise réputation en matière de droits de l’Homme est notoire ». Le mémorandum est assorti de 35 recommandations à destination des 47 États membres du Conseil de l’Europe pour le sauvetage des migrants en mer.

Dans le même temps, dans une lettre ouverte adressée à Donald Tusk, plusieurs ONG de défense des droits et de la démocratie présentes dans la Corne de l’Afrique ont exhorté l’UE à ne plus coopérer avec des régimes et milices qui violent les droits humains. Le processus de Khartoum, mis en place en 2014 pour répondre aux « causes profondes » de la migration dans la région, ainsi que le Fonds fiduciaire d’urgence de l’UE pour l’Afrique, auraient contribué à renforcer directement et indirectement plusieurs milices, comme celles de Libye. Pour les signataires, l’UE serait ainsi complice de violations « sévères et systématiques » des droits humains et de l’État de droit dans la région. Sa politique de « maîtrise » des flux migratoires serait par ailleurs contre-productive, puisqu’elle provoquerait en réalité davantage de départs.

La situation en Libye et dans la Corne de l’Afrique est particulièrement préoccupante. La reprise des combats en Libye en avril a piégé des milliers de migrants dans les centres de rétention et a provoqué le déplacement de plusieurs dizaines de milliers de personnes, tandis que l’Érythrée est considérée comme l’une des dictatures les plus répressives au monde. Le Soudan est quant à lui secoué par une répression militaire sanglante après qu’une importante mobilisation civile a provoqué la destitution du Président Omar el-Béchir en avril dernier, et des miliciens continuent de perpétrer des massacres dans la région du Darfour.

Fin mai, la Commission européenne avait adopté, dans le cadre du Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique, des fonds supplémentaires de près de 100 millions d’euros à destination de plusieurs pays de la région, dont 30 millions destinés à établir une « meilleure gestion des migrations ».