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Le camp de Vucjak : une urgence humanitaire aux portes de l'Union européenne

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C'est un campement de migrants dans le nord-ouest de la Bosnie-Herzégovine... Un campement de tentes plongées dans le froid, la neige et la boue sur une ancienne décharge de produits chimiques, près d'un terrain encore miné, hérité de la guerre de Bosnie.

Les travailleurs humanitaires ont demandé la fermeture du camp de Vucjak à plusieurs reprises. Ils ont réclamé le relogement des 2 000 migrants bien avant l'hiver, mais n'ont pas été entendu.

Ces migrants arrivés ici au bout de milliers de kilomètres de voyage n'en peuvent plus :

"Cet endroit n'a rien de bon, pour personne..."

Tisham Hadi, 21 ans, vient du Pakistan. Il explique que sa tente s'est effondrée sous le poids de la neige et qu'il n'a plus d'endroit où dormir. Il a voulu aller dans un autre camp de réfugiés mais il n'y avait pas de place.

Le camp de Vucjak n'a pratiquement pas d'installations sanitaires. Il n'a pas d'électricité. Il a été dressé à la va-vite par la municipalité de Bihac en juin. Et en octobre, des bénévoles qui apportait des soins médicaux aux migrants ont même été expulsés.

Sous la pression de l'Union européenne, les autorités bosniaques ont annoncé qu'ils allaient finalement reloger les migrants. Le ministre de la sécurité Dragan Mektic vient d'annoncer la mise à disposition prochaine d'anciens baraquements militaires près de Sarajevo. Mais ces derniers ne seront prêts à accueillir les migrants que dans une vingtaine de jours. Et le site en question est loin d'être fait pour ça à en croire les habitants, comme Salih Hajdarevic :

"Ces baraquements ne sont pas adaptés aux migrants. Il n'y a pas d'infrastructure et les gens du voisinage ne se sentent pas en sécurité."

A Vucjak, la Croix-Rouge ne sait plus que faire, sans moyen pour aider ces centaines de migrants.

L'Union européenne a déjà donné 10 millions d'euros au gouvernement pour leur réinstallation. Mais rien n'est encore fait, et en plus du froid, la nourriture se fait désormais rare ici. C'est une urgence humanitaire aux portes de l'Union européenne...

Euronews, Par Sandrine Delorme avec Reuters, publié le 03/12/2019 

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