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Le camp des familles porte d’Aubervilliers évacué : "L’inconditionnalité de l’hébergement n’a pas été respectée"

info migrant


Le camp installé pour les familles de migrants par l’association Utopia 56 à la porte d’Aubervilliers dans le nord de Paris a été démantelé vendredi matin. L’association dénonce le manque de solutions à long terme.

 

Les familles de migrants installées depuis le 9 juillet dans le campement porte d’Aubervilliers ont été évacuées vendredi 12 juillet. En tout, 139 personnes ont été dirigées vers des centres d’accueil d’urgence et des Lima, des structures de prise en charge d'urgence des familles gérées par France Terre d'Asile et l'Unité d'assistance aux sans-abris de la mairie de Paris.

L’évacuation, encadrée par des forces de police, des agents de la mairie de Paris et France Terre d’Asile, s’est déroulée dans le calme très tôt dans la matinée. "Nous n’avons eu aucun problème pour récupérer les tentes", précise Julie d’Utopia 56, contactée par InfoMigrants.

La rumeur d’une évacuation courait depuis plusieurs jours sur le campement et avait fait gonfler la population : des familles installées dans les autres campements de la porte d’Aubervilliers près du périphérique s’étaient notamment rapprochées dans l’espoir d’être évacuées et hébergées.

"On était plutôt méfiants parce qu’on nous a dit dès le début que les familles qui n’étaient pas sur le territoire de manière régulière [qui ont été déboutées du droit d’asile ou n’ont pas fait de demande de titre de séjour, ndlr] n’auraient pas d’hébergement", explique Julie.

 

"S’ils restent encore deux semaines là-bas, ils vont partir"

Au moins cinq familles ont été placées dans le Lima du 16e arrondissement pour le week-end. "Dès lundi, elles seront de nouveau à la rue", souligne Julie.

Pour Utopia 56, il n'y a rien de satisfaisant dans ces mises à l'abri car "l’inconditionnalité de l’hébergement n’a pas été respectée". Selon le pôle familles de l’association, au moins onze familles seront de nouveau à la rue dès lundi soir.

Parmi les autres personnes, qui se trouvaient dans le campement de la porte d’Aubervilliers et étaient en situation régulière, 37 personnes ont été placées dans un centre d’hébergement à Malakoff (Hauts-de-Seine), 61 dans le centre d'hébergement du Cèdre bleu, à Sarcelles (Val d'Oise), et 27 dans le centre d’accueil pour familles à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

"Tout se passe bien pour les personnes qui se trouvent à Ivry mais à Malakoff et au Cèdre bleu, les gens n’ont aucune information sur la suite. Ils commencent à se dire qu’ils vont retourner à la rue. S’ils restent encore deux semaines là-bas, ils vont partir", assure Julie.

 

De plus en plus de familles à Paris

Utopia 56 se questionne sur la possibilité de relancer l’hébergement citoyen pour les familles. Début juillet, l’association avait décidé d’installer le campement pour les familles porte d’Aubervilliers pour alerter l’État sur les conditions de leur hébergement.

Avec l’arrivée de vacances d’été, l’association ne pouvait plus compter sur les hébergeurs citoyens qui prennent en charge des familles le soir. "Nous n’en pouvions plus de devoir choisir. Laquelle de ces femmes enceintes auraient droit à un lit ? Quel enfant plutôt qu’un autre ? C’était insupportable", avait confié l’association à InfoMigrants.

Le nombre de familles de migrants a fortement augmenté à Paris depuis plusieurs semaines. "En mai, sur une semaine complète, on avait 40 familles différentes à héberger. La dernière semaine de juin, nous en avions 70", détaille Julie.

 

InfoMigrants, par Julia Dumont le15/07/2019

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