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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 juin 2019

D’après le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, le Maroc a permis de réduire le nombre de départs irréguliers de migrants vers l’Europe, notamment grâce aux efforts conjoints entrepris avec les autorités espagnoles et aux fonds accordés par l’Union européenne.

 Article Maroc Espagne HCR© UNHCR

Le ministre marocain a déclaré que le nombre de migrants en partance vers l’Espagne depuis le Maroc était inférieur de 40 % en mai 2019 comparé à mai 2018. Alors qu’environ 57 000 personnes sont arrivées illégalement en Espagne en 2018, le Maroc affirme avoir bloqué quelques 89 000 départs vers l'Europe la même année. Depuis début 2019, l’Espagne, avec environ 10 400 arrivées au 2 juin 2019, n’est plus le premier pays d’entrée en Europe ; la Grèce comptabilisant 14 300 arrivées sur la même période.

Depuis 2014, 232 millions d’euros ont été octroyés par l’Union européenne pour financer des projets en lien avec les migrations au Maroc. Malgré l’important budget alloué, l’Espagne aurait demandé à l’Union européenne, lundi 3 juin, d’accroître son aide financière au Maroc afin d’aider davantage le pays dans ce domaine. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep Borrel, estime que les fonds fournis au Maroc restent « insuffisants », bien que « plus importants que par le passé ». Selon plusieurs médias, l'UE aurait promis l'an dernier de verser 140 millions d'euros au Maroc, dont 30 millions déboursés cette année.

Si Nasser Bourita affirme que, depuis le début de l’année 2019, le Maroc a empêché plus de 30 000 personnes de franchir illégalement la frontière avec l’Espagne et démantelé 60 réseaux de passeurs, plusieurs ONG ont critiqué à de nombreuses reprises les méthodes utilisées par les autorités. En septembre 2018, Amnesty International dénonçait la répression à grande échelle menée par les autorités marocaines contre des milliers de migrants subsahariens. Plus récemment, en mars 2019, l'Association marocaine des droits humains (AMDH) critiquait une campagne de répression ciblée qui avait conduit plusieurs migrants en détention.