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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 16 au 30 juin 2020

Selon le dernier rapport annuel  « Tendances mondiales » du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) publié le 18 juin, le nombre de déplacés à travers le monde aurait atteint 79,5 millions de personnes en 2019, soit environ 1 % de la population mondiale.



Article rapport annuel 2019 du HCR c Romaniamissions

© Romaniamissions

Il s’agit d’un chiffre record : en 2018, on dénombrait 70,8 millions de personnes déracinées et, en 2010, environ 41 millions, soit moitié moins qu’en 2019. Près des deux tiers d’entre elles sont originaires de cinq pays : la Syrie, qui compte 13,2 millions de réfugiés, demandeurs d’asile et déplacés internes depuis le début du conflit, le Venezuela, avec 3,6 millions de déplacés rien que pour l’année 2019, l’Afghanistan, le Soudan du Sud et le Myanmar. Les retours dans les pays d’origine sont aussi beaucoup moins fréquents : quand 1,5 millions de déplacés en moyenne rentraient dans leur pays dans les années 90, ils n’étaient plus que 385 000 dans les années 2010.

D’autres statistiques restent néanmoins stables. Sur l’ensemble des personnes déplacées en 2019, 45,7 millions l’ont été dans leur propre pays (soit 58,3 % du total des déplacés), contre 41,3 millions l’année précédente (soit 57,5 %). De même, 85 % des déplacés vivaient dans des pays en voie de développement souvent limitrophes de leur pays d’origine, contre 80 % en 2018. 

Au cours de la dernière décennie, 16 millions de personnes ont demandé l’asile dans le monde, parmi lesquelles 4,2 millions rien qu’en 2019. Si, cette année-là, les États-Unis et le Pérou étaient les pays dans lesquels le plus de demandes de protection ont été déposées, l’Allemagne était le pays en tête sur la période 2010-2019, avec 2,1 millions de demandes. Le HCR rappelle tout de même que 73 % des demandes de protection internationale sont soumises dans un pays voisin du pays d’origine.

Filippo Grandi, Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, se dit très inquiet pour les prochaines années et souligne la nécessité d’adopter « une attitude fondamentalement novatrice et davantage accueillante à l’égard de ceux qui fuient, conjuguée à un effort résolu pour mettre fin aux conflits ». Il insiste également sur les conséquences de la pandémie de COVID-19, qui a ralenti les déplacements dans certaines régions du monde, même si « les gens continuent à fuir leur foyer, parce que pandémie ou pas, ils sont menacés ».

Voir ici notre article publié l’année dernière sur le rapport Global Trends 2018 du HCR

Article publié le 19/06/2020