Main menu
Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 16 au 31 juillet 2019

Dans une interview télévisée du 9 juillet, la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarovic a confirmé les allégations portant sur des opérations de refoulement de personnes migrantes vers la Bosnie-Herzégovine voisine, toujours niées jusque-là.

 

Croatie cAdobe
© Adobestock


De nombreux réfugiés transitant par cette frontière dénoncent régulièrement des violences policières, documentées par des vidéos montrant des refoulements, et des photos attestant, y compris sur des enfants, d’importants hématomes. Le ministère de l’Intérieur croate avait, fin 2018, démenti un rapport du réseau d’ONG européennes Border Violence Monitoring qui apportait les preuves de ces abus de la part des forces de l’ordre. D’après ce réseau, 133 personnes ont été refoulées de Croatie vers la Bosnie lors de 15 opérations différentes pour le seul mois de juin 2019. Amnesty International, dans un rapport sur la route des Balkans publié en mars dernier, avait également dénoncé la complicité des gouvernements européens dans les refoulements « systématiques, illégaux et fréquemment violents » et les expulsions collectives.

En mai, la télévision suisse avait relayé des images de ces opérations illégales de refoulement, rendant plus difficile pour les autorités du pays de nier les faits. Si la présidente a bien tenté début juillet un nouveau démenti, elle a finalement admis que des opérations de ce type avaient bien lieu, niant cependant leur caractère illégal et rappelant que « bien sûr, l’usage « d’un peu » de force est nécessaire ». En réponse, Human Rights Watch a appelé - dans une lettre ouverte adressée à la présidente croate le 15 juillet - à la fin immédiate des opérations de refoulements de migrants vers la Bosnie, et a demandé à ce que l’opération menée par Frontex à cette frontière depuis juillet 2018 soit en conformité avec les lois européennes et le respect des droits fondamentaux. Pour l’organisation, « le déni des violences policières à la frontière par Zagreb et les institutions européennes n’est plus tenable ».

Pour plusieurs analystes, les autorités croates cherchent à se montrer « bon élève » en matière de sécurisation de la frontière afin de démontrer que le pays peut « gérer les flux migratoires » à travers les Balkans, et ainsi intégrer l’espace Schengen.