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Migrants : ces oubliés du périph parisien "qui ne dérangent plus personne"

franceBleu

 

Ils sont des centaines, hommes, femmes, enfants, entassés sous des tentes de fortune, en bordure du périphérique parisien, malgré les risques d'accident. Pour les associations : "pas de riverains pour se plaindre, ils ne dérangent plus personne".

 

D'après les chiffres de France terre d'asile, on compterait, actuellement, autour de 2 500 migrants, dans les campements parisiens. Ce sont des hommes, des femmes, des enfants, qui, pour la plupart, ont fui les violences et les guerres de leur pays.

Ils viennent, essentiellement d'Erythrée, d'Afghanistan, de Somalie et du Soudan. Un grand nombre d'entre eux, se retrouvent, sous des abris de fortune, en bordure du périphérique, notamment porte de la Chapelle, porte d'Aubervilliers et jusqu'à l'avenue Wilson, à Saint-Denis.

Cela fait des années que les associations tirent la sonnette d'alarme, des mois que la maire de Paris, Anne Hidalgo, se rend sur place, pour dénoncer la situation et solliciter l'Etat et pourtant, la situation ne fait qu'empirer.


Les associations dénoncent : on les oublie car ils ne dérangent personne

Quand on pose la question aux bénévoles des associations : pourquoi ces populations se retrouvent-elles ici, en bordure de périphérique, dans la pollution des pots d'échappement, avec les risques d'accidents, toujours la même réponse.

Pour Julie, salariée de l'association Utopia 56, "Ici, il n'y a pas de riverains pour se plaindre, donc, ils ne dérangent personne et la police les laisse tranquilles". De là, à sous-entendre que la situation arrange tout le monde, il n'y a qu'un pas. Un avis, que dénonce la première adjointe au maire du 18e, Karine Rolland, "Bien sûr que ça n'arrange personne, ça complique le travail des associations et des agents de la ville, ça rend plus difficile les maraudes"!

D'après la préfecture de Région, chaque semaine, des bus viennent à proximité, pour ceux qui souhaitent une prise en charge, mais, "ceux qui n'ont plus aucun droit, préfèrent quitter les lieux, et passent à travers les mailles", d'après Bruno André, directeur de cabinet du préfet de région, d'après qui, "on ne manque pas de place, en Ile de France, la situation s'est stabilisée".


La Halte de la Chapelle, bientôt fermée

Grâce à l'aide d'un promoteur, la Ville de Paris a mis en place, porte de la Chapelle, un lieu d'accueil, la Halte, où les migrants qui le souhaitent, peuvent venir prendre une douche, recharger leur téléphone, rencontrer les associations ou se reposer un peu à l'abri.

Ils sont environ 300, à passer là, chaque jour. Cependant, la structure n'est que temporaire. Elle devait fermer, fin août, la Ville a réussi à prolonger jusqu'à fin septembre. Si la Halte devait effectivement fermer, la situation deviendrait encore plus terrible pour ces personnes, qui n'ont, dans leurs campements, aucun moyen de respecter l'hygiène la plus élémentaire. Les maladies s'y répandent, au milieu des rats et des immondices.


Parmi ces damnés du périph, 15 % de réfugiés statutaires

Côté préfecture de Région, on affirme que les places ne manquent pas, en Ile de France. Alors, comment expliquer que les campements soient toujours là et continuent de grossir?

Ils seraient une centaine, chaque jour, à arriver à Paris. Pour l'association Utopia 56 et son co-fondateur, Yann Manzi, "c'est ce que l'Etat voudrait faire croire, mais en réalité, ces migrants ne font que tourner d'un point à l'autre".

Dans les campements, se trouvent ceux qui n'ont plus de droit à rester sur le territoire, mais aussi, ceux qui, par ignorance de la géographie, préfèrent rester auprès de compatriotes arrivés ici. Pourtant, les associations affirment que, parmi ces populations, 15 % sont des réfugiés statutaires, qui ont quitté leurs pays en guerre ou en proie aux violences et qui ont obtenu la protection de la France.

France Bleu Paris, par Sylvie Charbonnier, le 26/08/2019

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