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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 janvier 2020

Alors que les ONG de sauvetage en Méditerranée ont fait face à de nombreux obstacles en 2019, la situation semble évoluer : le Sea-Watch 3 a été relâché tandis que l’Église protestante allemande a lancé l’initiative « United4Rescue ».

 

Méditerranée

© SOS Méditerranée 


Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, 105 425 personnes sont arrivées en Europe par la mer Méditerranée en 2019, dont 14 500 personnes par la Méditerranée centrale, soit une diminution de 12 % par rapport à l’année 2018. Si la majorité des arrivées se sont faites de manière indépendante aux opérations humanitaires, la cofondatrice et directrice générale de l’ONG SOS Méditerranée Sophie Beau a néanmoins dénoncé une « véritable détérioration de la situation en mer Méditerranée » en 2019. 1 246 personnes ont en effet trouvé la mort en tentant la traversée, ce qui en fait la route migratoire la plus meurtrière du monde. En outre, si les six principaux navires de recherche et de sauvetage – Ocean Viking, Alan Kurdi, Open Arms, Eleonore, Mare Jonio, Sea Watch 3 – ont permis de porter secours à 426 « groupes en détresse » au cours de l’année 2019, la flotte humanitaire s’est heurtée à de nombreux obstacles : criminalisation des opérations de sauvetage en août 2019, saisie judiciaire de quatre navires au cours de l’été, enquêtes pénales après leur débarquement à l’image de l’arrestation de la capitaine du Sea-Watch 3, Carola Rackete.

Les ONG ont toutefois connu plusieurs victoires en cette fin d’année 2019 et début d’année 2020. L’initiative « United4Rescue », lancée par l’Église protestante allemande le 3 décembre, a en effet reçu le soutien de 150 organisations, ce qui lui permettra d’apporter une aide aux différentes opérations de sauvetage préexistantes ainsi que d’acquérir un nouveau navire d’ici le printemps 2020. Le navire humanitaire Sea-Watch 3, bloqué dans le port de Licata en Sicile depuis juin 2019, a quant à lui été relâché par la justice italienne le 19 décembre, celle-ci n’ayant trouvé « aucun fondement juridique pouvant justifier la poursuite de la mise sous séquestre du navire ». Le navire a ainsi pu repartir en direction de la zone de sauvetage et de recherche au large de la Libye dès le 30 décembre. Lors des deux dernières semaines 200 personnes ont été secourues dans cette zone par les uniques navires alors présents: l’Ocean Viking et l’Alan Kurdi.

Selon l’ONG SOS Méditerranée, une réponse européenne est néanmoins « cruciale » afin d’améliorer de manière concrète et durable la situation en Méditerranée. De nombreuses ONG exhortent à ce titre les États européens à intensifier leurs efforts en matière de recherche et de sauvetage et à mettre en place un « mécanisme de débarquement prévisible, coordonné et pérenne ».

Publié le 03/01/2020