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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 16 au 29 février 2020

Une révision des « décrets sécurité » mis en place par Matteo Salvini pour l’accueil des personnes migrantes en Italie a été proposée le 17 février par la ministre de l’intérieur Luciana Lamorgese.

 

Article Italie c Magda Ehlers

© Magda Ehlers

 

Deux « décrets sécurité » avaient été adoptés en 2019 par le gouvernement italien du ministre de l’Intérieur Matteo Salvini. Particulièrement répréhensifs, les deux textes condamnaient sévèrement l’aide aux personnes migrantes en prévoyant la possibilité d’intercepter préventivement les embarcations de sauvetage en mer et d’octroyer des peines de prison – jusqu’à dix ans – pour les membres d’équipage en cas de résistance. Les organisations humanitaires pouvaient également se faire confisquer leurs bateaux et étaient passibles d’amendes onéreuses allant de 150 000 à 1 million d’euros. Ces mesures avaient suscité de nombreuses réactions, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avait notamment qualifié la décision « d’inquiétante ». Elles s’étaient pourtant montrées efficaces ; le nombre d’arrivées en Italie par la mer étant passé, selon le HCR, de 181 436 en 2016 à 11 471 en 2019.

 

Le 8 août 2019, Matteo Salvini a fait éclater la coalition de gouvernement composée de son parti, la Ligue, et du Mouvement 5 étoiles, en réclamant de nouvelles élections, dont il est sorti perdant. Les « décrets sécurité » qu’il a fait adopter font aujourd’hui l’objet d’une refonte par la ministre de l’Intérieur Luciana Lamorgese, ancienne haute-fonctionnaire et spécialiste des questions migratoires entrée en fonction le 5 septembre 2019. Parmi les principales propositions figurent la fin de la mise à quai des navires humanitaires ainsi qu’une diminution de la somme maximale des amendes fixée à 50 000 euros. Quant aux arrestations, elles ne seront opérées qu’en cas de récidive. La réforme envisagée marque aussi l’adoption de mesures jusque-là complètement absentes concernant la prise en charge des exilés, comme la création d’une protection spéciale pour les personnes en situation de grande vulnérabilité. Les procédures pour obtenir la citoyenneté seront également raccourcies de 4 à 2 ans et les préfets seront autorisés à augmenter les ressources destinées aux structures d’accueil ; les financements dont elles disposaient ayant été drastiquement réduits au cours des deux dernières années.

 

Voir ici notre dernier article sur les poursuites judiciaires à l’encontre de Matteo Salvini publié le 13/02/2020.

Article publié le 25/02/2020