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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
Du 16 janvier au 31 janvier 2021

Alors que les rares voies légales d’accès vers le Royaume-Uni, notamment au titre du règlement « Dublin III », ont cessé de s’appliquer au 1er janvier suite à l’entrée en vigueur du Brexit – les autorités britanniques n’envisagent aucune alternative sûre pour les mineurs isolés étrangers.

Article Royaume Uni Dubs c UNHCR Frederico Scoppa

© UNHCR/Federico Scoppa

Le sous-secrétaire d’État britannique en charge de l’immigration, Chris Philp, a annoncé le 21 janvier lors d’un échange avec les députés du Parlement britannique, que le Royaume-Uni n’offrirait plus de voie légale sûre pour les mineurs isolés étrangers qui souhaitent rejoindre le Royaume-Uni.

Le gouvernement de David Cameron avait adopté, en mai 2016, l’amendement « Dubs », qui avait permis le transfert de 478 mineurs isolés étrangers présents en France, en Italie et en Grèce vers la Grande-Bretagne jusqu’en mai 2020, et ce sans aucune condition d’attaches familiales. Toutefois, l’amendement avait été retiré du « Brexit Bill » par la Chambre des communes en janvier 2020, et le 27 juillet le Royaume-Uni annonçait la fin du programme ayant rempli ses engagements.

En quittant l’Union européenne, le Royaume-Uni a également cesser d’appliquer, au 1er janvier, la réunification familiale et les transferts au titre du règlement « Dublin III ». Alors que les politiques d’asile ont été laissées en dehors du mandat de négociation du Brexit, de nombreuses associations plaidaient ainsi en faveur de la reprise du programme « Dubs » pour pallier l’absence de voies légales d’accès pour les mineurs isolés étrangers. À ce jour, les mineurs ne peuvent recourir qu’à la procédure de réunification familiale régie par la loi britannique, particulièrement restrictive, pour rejoindre un proche au Royaume-Uni.

Chris Philp a justifié cette politique en affirmant qu'il était « important de se concentrer sur [les réfugiés] qui sont déjà ici avant d'accepter de prendre plus d'enfants », tout en indiquant vouloir éviter « un facteur d’attractivité ». De nombreuses ONG s’inquiètent du sort de ces enfants qui se tourneront sans nul doute vers des réseaux de passeurs pour rejoindre le Royaume-Uni.

La loi sur l’immigration promulguée le 11 novembre dernier engage le gouvernement britannique à examiner les voies légales d’accès possibles vers le Royaume-Uni pour les demandeurs d’asile qui se trouvent dans un État membre de l’Union, et en particulier pour les mineurs isolés étrangers. Si le sous-secrétaire d’État britannique doit présenter les détails de cette réforme au Parlement d’ici fin février, cette dernière annonce ne laisse présager aucune alternative sûre pour les mineurs.

 

Article publié le 29/01/2021

Voici ici notre tribune publiée le 02/01/2021 sur l’impact du Brexit sur la politique migratoire britannique.