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Un confinement "très bien appliqué" par les migrants

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"J’ai été agréablement surpris de la bonne compréhension de la situation par nos résidents. Il y a eu une très bonne application des gestes barrière et du confinement. Certains avaient d’ailleurs déjà connu ça dans leur pays et ont eu pour réflexe de bien respecter le confinement", se félicite Jean-Hugues Querol, directeur des CADA (Centre d’accueil des demandeurs d’asile) du Gers.

 

Dans le département, deux CADA existent : l’un situé à l’Isle-Jourdain, l’autre à Auch, tous deux gérés par France terre d’asile. Mais les migrants ne vivent pas en hébergement collectif. Ils ont leur propre appartement ou vivent à plusieurs en colocation. Le Gers compte donc 196 résidents en CADA. Parmi eux, seuls deux ont reçu une amende pour non-respect du confinement.

 

France terre d’asile avait anticipé la crise et acheté gants et masques bien en amont, ce qui lui a permis de fournir les résidents dès le confinement annoncé. Chacun a également reçu un thermomètre, du savon, des boîtes à mouchoir jetables et des sacs plastiques à utiliser de façon individuelle pour y jeter masques et mouchoirs usagés.

Quand c’était encore possible, en amont du confinement, des "temps collectifs" ont été organisés pour parler de l’épidémie et des gestes barrière. Jean-Hugues Querol reconnaît : "Ce n’était pas évident car nous avons dans le Gers 36 nationalités. Il a fallu traduire tous les documents grâce à l’aide du siège. Certains ne savent pas non plus lire leur propre langue. Nous avons créé des supports faciles à lire avec des pictogrammes."

Les attestations de déplacement dérogatoire n’étaient pas d’utilisation simple non plus. Jean-Hugues Querol développe : "La première version était complexe, même pour nos concitoyens. Nous avons pu bénéficier d’une attestation simplifiée."

 

Côté salariés, "un plan de continuité de l’action a été organisé." Les deux CADA continuent de fonctionner tous les jours avec un roulement des salariés. Mais ils ne vont voir les demandeurs d’asile que si cela s’avère strictement nécessaire, pour un rendez-vous médical par exemple, ou remettre les devoirs imprimés des enfants. Ou encore pour les urgences : Jean-Hugues Querol a ainsi dû se déplacer à Toulouse, à Matabiau, pour récupérer une famille à la rue. Cela s’est fait en bonne "coordination" avec l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) et la DDCSPP (Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations). Les salariés maintiennent aussi un contact téléphonique quotidien avec les familles et résidents.

Concernant les récépissés de demandes d’asile qui peuvent se retrouver périmés, ces derniers ne "sont pas considérés comme tels." Les procédures en justice sont suspendues.

 

Article publié le 05/05/2020, par Gaëtane Rohr sur la Dépêche.fr.

 

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