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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 septembre 2019

Fin de l’octroi automatique de l’asile en Suède, multiplication des incitations financières au retour en Allemagne… Alors que ces deux pays avaient été parmi les premiers à ouvrir leurs portes aux réfugiés syriens en 2015, les politiques à leur égard se sont récemment durcies.

 

Article Suède UNHCR Civilians return in Aleppo
© UNHCR
Les civils retournent dans les ruines de leur maison à Alep, Syrie

Plus d’un million de Syriens étaient arrivés en Europe entre 2015 et 2016, et la Suède comme l’Allemagne avaient alors officiellement déclaré que tous les Syriens pouvaient avoir droit au statut de réfugié et à une résidence permanente sur leur sol. Quatre années plus tard, la montée d’un sentiment anti-immigration en Europe a pourtant remis en cause ces politiques. En Suède d’abord, l’Office national des migrations a déclaré le 5 août que l’octroi de l’asile au profit des Syriens ne serait plus automatique, estimant que la ville de Damas et les provinces du sud-ouest et de l’extrême nord-est étaient désormais « sûres » et que les demandeurs d’asile nouvellement arrivés en Suède qui en étaient originaires ne pouvaient donc demander une protection fondée sur ce seul critère.

En Allemagne, bien que la Syrie demeure un pays qualifié comme « non-sûr » et que les expulsions y aient été interdites, une politique de « l’incitation au retour » est menée depuis 2017 par certains Länder et par l’Office fédéral des migrations et des réfugiés. En 2018, 466 personnes ont ainsi bénéficié d’une aide financière pour rentrer en Syrie, soit deux fois plus qu’en 2017. Le ministre fédéral de l’Intérieur Horst Seehofer a par ailleurs annoncé le 18 août qu’il souhaitait retirer le statut de réfugié aux Syriens se rendant « en vacances » dans leur pays ; l’organisation de l’Église protestante allemande Diakonie rappelant pourtant que ces cas, très rares, sont pour la plupart motivés par la volonté d’assister à des funérailles ou pour empêcher la saisie de propriétés par le régime de Bachar al-Assad.

Ce durcissement des politiques à l’égard des Syriens fait néanmoins l’objet de nombreuses critiques. En effet, l’Irish Times a notamment révélé que les réfugiés rentrés volontairement d’Allemagne en Syrie avaient bien souvent été victimes d’arrestation et de tortures, devaient se soumettre au service militaire obligatoire, et que certains avaient été tués dans les prisons gérées par le régime de Bachar al-Assad. L’Organisation internationale pour les migrations rappelle à ce titre que « des risques importants subsistent pour les civils à travers le pays », et que les « conditions actuelles en Syrie ne sont donc pas propices à un rapatriement librement consenti dans la sécurité et la dignité ».