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Dans le nord-est de Paris, un nouveau camp de migrants s’établit pour ne « pas rester invisibles le long du périphérique »

le monde

 

Le campement est apparu après que l’association Utopia 56 a suspendu l’hébergement solidaire pour interpeller les pouvoirs publics.

 

L’association Utopia 56 a annoncé, mardi 9 juillet, la suspension de l’hébergement solidaire pour les familles, les femmes seules et les couples exilés à la rue. Les militants du collectif espèrent interpeller les pouvoirs publics par l’installation en pleine ville d’un nouveau campement de migrants.

Des dizaines de tentes vertes Quechua jonchent le sol, boulevard Macdonald, près de la porte d’Aubervilliers, à Paris. Ici, demandeurs d’asile, « dublinés » ou encore réfugiés, tentent de survivre.

L’association Utopia 56 a décrété mardi la suspension de l’hébergement solidaire. Depuis plus de deux ans, l’association a tissé un réseau avec les habitants d’IIe-de-France pour accueillir ces familles et ces femmes seules en attendant une prise en charge par l’Etat.

 

39 enfants attendent d’être logés

Selon l’association, chaque soir, plus de soixante-dix personnes dont trente enfants attendent d’être logés. Mais l’été, le nombre d’hébergeurs baisse et celui des familles à la rue augmente. Acculés, les membres d’Utopia 56 ont décidé, en concertation avec les familles, d’établir un campement pour alerter et rendre visible la situation d’urgence dans laquelle elles se trouvent. « Ces familles ne peuvent pas rester invisibles le long du périphérique. L’association n’en peut plus de choisir en fonction des vulnérabilités de chacun pour les loger », déplore Florent Boyer, salarié de l’association qui passera la nuit avec les migrants, comme bien d’autres bénévoles.

Amara et sa petite fille de 4 ans vivent entre les sacs de courses, leurs affaires personnelles et des couvertures désuètes qui obstruent leur tente. « Avant d’être ici, on dormait à même le sol dans des jardins publics ou sous le périphérique. Ma fille est traumatisée », raconte Amara, originaire de la Côte d’Ivoire et réfugiée depuis trois mois.

Cette situation est – hélas – banale. Comme l’indique Pierre Henry, directeur général de France terre d’asile : « C’est invraisemblable ce qu’il se passe dans le nord-est de Paris. Ces gens-là crèvent à ciel ouvert. Tant qu’il n’y aura pas un dispositif de pré-accueil réparti équitablement dans toutes les grandes capitales régionales, rien ne bougera. »

Un constat, que ne partage pas Michel Cadot, préfet de Paris : « L’Etat et son réseau de partenaires associatifs conduisent, en effet, des maraudes sur les campements du nord de Paris. (…) Depuis le mois de janvier, plus de 10 700 personnes, dont 600 en famille, se sont ainsi vues offrir une solution d’hébergement par l’Etat. » De leur côté, les militants font bloc et assurent qu’ils ne quitteront pas les lieux tant qu’il n’y aura pas de solutions pérennes mises en place.

 

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