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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 janvier 2020

Premières victimes des conflits, de plus en plus de mineurs fuient leur pays pour tenter de rejoindre l’Europe, faisant face à un parcours d’exil particulièrement difficile du fait de leur vulnérabilité.

 

Article Situation des enfants c Fotomovimiento© Fotomovimiento

L’ONG Save the Children a révélé le 9 janvier qu’un enfant par jour en moyenne est mort dans la région syrienne d’Idlib - proche de la frontière turque - depuis l’escalade du conflit en 2019, alors qu’au moins 2,5 millions d’enfants auraient été forcés de fuir la Syrie pour un pays voisin depuis le début de la guerre, selon un recensement de l’UNICEF. Par ailleurs, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) estime qu’entre janvier et septembre 2019, un quart des personnes arrivées sur le continent européen via les routes méditerranéennes étaient des mineurs non-accompagnés, en provenance de Syrie mais aussi d’Afghanistan et « d’autres pays caractérisés par le conflit et la violence ».

Une fois sur le territoire d’un pays de l’Union européenne (UE) dit de « première entrée », tels que la Grèce, les difficultés s’additionnent pour ces mineurs. En décembre, plusieurs ONG dont Human Rights Watch et Médecins sans Frontières dénonçaient leurs conditions de vie « inhumaines » au sein des camps des îles de la mer Égée. Les deux organisations ont notamment mis en exergue la grande détresse psychologique de ces enfants, plusieurs ayant tenté de mettre fin à leurs jours. Les associations ont depuis lancé plusieurs appels en faveur de l’évacuation des campements et de la prise en compte de la situation de vulnérabilité particulière des mineurs non-accompagnés. En réponse, le gouvernement grec a ordonné dès novembre 2019 le transfert de personnes présentes dans ces camps vers le continent, en priorité les plus vulnérables, parmi lesquelles les mineurs.

Dépassés par le nombre d’arrivées sur leur territoire, certains pays aux frontières extérieures de l’UE n’étant pas en mesure de satisfaire aux besoins des mineurs ont fait appel à la solidarité d’autres États membres de l’Union, non sans difficulté. Le 22 décembre, le ministre de l’Intérieur allemand Horst Seehofer a refusé la proposition du parti allemand Bündnis 90/Les Verts d’accueillir outre-rhin 4 000 enfants présents dans les campements des îles égéennes.

La question des enfants en exil et de leur éducation – seuls 1 % des mineurs ont accès à l’école dans les camps grecs selon le HCR – préoccupe fortement les organisations travaillant sur les migrations. Lors du Forum mondial sur les réfugiés organisé en décembre 2019, 136 promesses ont été spécifiquement formulées dans ce domaine. Le Partenariat mondial pour l’éducation, dont l’objectif est de renforcer les systèmes éducatifs dans les pays en développement, s’est notamment engagé à investir 250 millions de dollars dans un mécanisme de financement rapide de l’éducation des réfugiés en cas de crise humanitaire.


Article publié le 10/01/2019