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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 septembre 2019

Après plusieurs jours d’attente, les centaines de migrants secourus par l’Eleonore et le Mare Jonio ont finalement pu débarquer en Italie, alors que les conditions à bord devenaient « alarmantes ». Une situation qui n’est pas sans rappeler les périples de l’Open Arms et de l’Ocean Viking quelques semaines plus tôt.

 

Chronologie Méditerranée

 

Fin août, ces deux derniers navires humanitaires avaient déjà été bloqués en Méditerranée une dizaine de jours avant de pouvoir accoster en Italie et à Malte à la suite d’accords de répartition conclus entre six états européens, dont la France. Début septembre, ce sont les bateaux Eleonore et Mare Jonio, respectivement affrétés par les ONG allemande Mission Lifeline et italienne Mediterranea, qui se sont vus opposer le refus des autorités maltaises et italiennes d’accoster. Début août, l’Italie avait dans ce cadre adopté le « décret sécurité bis », qui prévoit de condamner tout navire de sauvetage pénétrant sans autorisation dans les eaux territoriales italiennes à une amende allant de 150 000 à 1 million d’euros, à la saisie du navire et à l’arrestation de son capitaine. La situation sanitaire à bord devenant de plus en plus inquiétante, le capitaine de l’Eleonore a finalement décidé de forcer les eaux territoriales italiennes le 2 septembre afin de débarquer les 104 personnes à son bord en Sicile, suivi par le Mare Jonio qui a quant à lui affirmé avoir reçu « l’autorisation formelle des garde-côtes » pour débarquer ses 98 passagers. Les deux navires ont immédiatement été saisis et le capitaine de l’Eleonore a été arrêté.


Malgré ce contexte hostile, deux autres navires humanitaires sont repartis pour de nouvelles missions de sauvetage en Méditerranée. L’Alan Kurdi, de l’ONG Sea Eye, se dirige vers Lampedusa où il espère faire débarquer les 13 personnes secourues par l’équipage, tandis que l’Ocean Viking vient de remettre le cap vers la Méditerranée centrale.


C’est donc une politique du « cas par cas » que Malte et l’Italie imposent à l’Union européenne en s’opposant systématiquement à l’entrée de navires dans leurs eaux sans accord de répartition préalable. Alors que la Méditerranée est devenue la route la plus meurtrière du monde avec plus de 800 personnes disparues depuis le début de l’année selon l’Organisation internationale pour les migrations, le premier ministre italien Giuseppe Conte a exprimé le 2 septembre son souhait de « reprendre et développer les négociations avec l’Union européenne pour dépasser le règlement de Dublin et parvenir finalement à une gestion européenne du problème de l’immigration ».