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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 octobre 2019

Alors qu’un nouveau naufrage meurtrier a eu lieu au large de l’île italienne de Lampedusa quelques jours plus tôt, les ministres européens de l’Intérieur réunis les 7 et 8 octobre ne sont pas parvenus concrétiser le « pré-accord » portant sur la création d’un système temporaire de répartition des migrants secourus en Méditerranée.


Article mécanisme de répartition c Irish Defence Forces
© Irish Defence Forces
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:LE_Eithne_Operation_Triton.jpg


La proposition de l’Allemagne, de la France, de l’Italie et de Malte d’instaurer un mécanisme automatique de répartition des demandeurs d’asile secourus en mer Méditerranée entre des États européens volontaires n’a pas créé d’enthousiasme lors de la réunion à Luxembourg du Conseil Justice et Affaires intérieures de l’UE. Aucune précision sur les modalités de mise en place de cet instrument n’a été énoncée, et seuls trois pays supplémentaires (Luxembourg, Irlande et Portugal) ont déclaré vouloir rallier l’accord. La Roumanie, la Croatie et l’Estonie se sont montrés intéressés par le projet mais exigent une clarification des modalités de son exécution avant de réellement s’engager.

La proposition a été critiquée par la Bulgarie, Chypre et la Grèce, qui déplorent le fait que seule la situation en Méditerranée centrale soit abordée : ils ont donc présenté une initiative complémentaire afin d’attirer l’attention sur les défis migratoires de la zone orientale de la Méditerranée, et notamment ceux rencontrés par la Grèce. Les pays du groupe de Višegrad (Pologne, République Tchèque, Hongrie et Slovaquie) - depuis longtemps hostiles au principe de quota pour l’accueil des migrants, le Danemark, ou encore l’Autriche, ont quant à eux catégoriquement refusé de prendre part à un tel mécanisme. L’Espagne et la Suède ont salué l’idée, mais ont indiqué qu’ils ne s’impliqueraient pas, en raison des challenges migratoires auxquels ils doivent déjà faire face.

De son côté, le Commissaire européen pour la migration, Dimitris Avramópoulos, a déclaré que l’Europe ne devrait pas se contenter de trouver des solutions temporaires aux problématiques migratoires, mais qu’il était nécessaire de mettre en place un « mécanisme permanent » pour que cesse la tragédie en Méditerranée.

 

Article publié le 10 octobre 2019