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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 1er au 15 juillet 2019

Dans la nuit du 2 au 3 juillet, le bombardement d’un centre de détention à Tadjourah, à l’est de Tripoli, a provoqué la mort d’au moins 53 personnes, rendant encore plus urgente l’évacuation des migrants et réfugiés d’un pays en pleine guerre civile.

 

Article Libye UNICEFUN052682Romenzi© UNICEF/UN052682/Romenzi


Alors qu’elles participaient à une grève de la faim pour demander une meilleure protection du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), environ 300 personnes encore présentes dans le centre ont été libérées le 9 juillet par les gardes libyens. Elles ont rejoint le Centre de rassemblement et de départ géré par le HCR à Tripoli, qui a cependant évoqué son « surpeuplement » et demandé aux autorités libyennes de trouver un nouveau centre pour les accueillir. À ce jour, environ 5 800 personnes migrantes et réfugiées seraient enfermées dans 24 centres de détention à travers la Libye. À la suite de l’attaque, le gouvernement libyen d'union nationale, reconnu par l'ONU, a annoncé considérer fermer quinze de ces centres, tandis que l’Armée nationale libyenne, opposée au gouvernement, a déclaré pour sa part être prête à coopérer pour une « évacuation immédiate » des migrants enfermés dans les huit centres situés dans des zones qu’elle contrôle.


Le Conseil de sécurité de l’ONU, réuni en urgence le 4 juillet, n’est pas parvenu à voter une résolution condamnant l’attaque et établissant un cessez-le-feu ; les États-Unis y ayant apposé leur véto. Après de nombreux appels similaires ces derniers mois, le HCR et l’Organisation internationale pour les migrations ont quant à eux pressé la communauté internationale de mettre en place des couloirs humanitaires pour évacuer les migrants et réfugiés présents dans le pays, et demandé aux États européens de relancer les opérations de secours en Méditerranée. Selon les deux organisations, la Libye ne peut être considérée comme un port sûr et les bateaux des ONG qui effectuent des opérations de sauvetage en Méditerranée « ne doivent pas être pénalisés ». Depuis avril 2019, le conflit aurait déjà contraint plus de 100 000 Libyens à fuir leur pays, sans compter les personnes qui y transitent.


Avant que le bombardement n’ait lieu, le président de la Commission des affaires constitutionnelles de la Chambre basse italienne, Giuseppe Brescia, qui appartient au Mouvement 5 étoiles, avait déclaré que le gouvernement italien travaillait depuis six mois au développement d'un corridor humanitaire pour 50 000 personnes actuellement dans les « camps de concentration modernes en Libye, où des êtres humains sont détenus dans des conditions déplorables par des trafiquants d’êtres humains ». Depuis 2015, par l’intermédiaire de corridors humanitaires, l’Italie a accueilli environ 2 500 réfugiés et personnes vulnérables.

 

Article initialement publié le 5 juillet et mis à jour le 15 juillet 2019.