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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
Du 16 janvier au 31 janvier 2021

Face aux accusations de refoulements illégaux de migrants, le conseil d’administration de Frontex a affirmé ne pas disposer de « preuves de violations des droits fondamentaux ». En parallèle, l’Agence européenne a suspendu ses opérations en Hongrie pour ne pas être accusée de complicité des violations du droit d’asile.

 

Article_Frontex_c_Ministère_fédéral_autrichien_des_affaires_européennes_et_étrangères.jpg© Ministère fédéral autrichien des affaires européennes et internationales

À l’issue de l’examen d’un rapport interne sur des allégations de refoulements de migrants en mer Égée, le conseil d’administration de Frontex a déclaré, le 21 janvier, ne pas avoir trouvé de preuves de violations de droits humains. Une nouvelle saluée par son directeur exécutif, Fabrice Leggeri, pourtant au centre des critiques ces derniers mois. Cette enquête ne concerne toutefois que certains incidents et la lenteur de l’agence pour répondre à ces allégations a été largement mise en cause.

Le 27 janvier, l’agence a également annoncé qu’elle suspendait ses opérations en Hongrie afin de veiller à ce que ses activités soient « pleinement conformes aux lois de l’UE », une décision qu’a salué la Commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, le 28 janvier. Le 17 décembre dernier, un jugement de la Cour de justice de l’Union européenne avait considéré que la politique migratoire hongroise enfreignait un accès effectif à la procédure d’octroi de la protection internationale. Malgré cette décision, le Comité Helsinki hongrois, une organisation non-gouvernementale, a recensé 4 624 refoulements illégaux de migrants vers la Serbie depuis ce jugement.

Frontex est régulièrement accusée de couvrir sinon de participer à ces pratiques de refoulements de migrants aux frontières extérieures de l’Union, que cela soit en Hongrie, en mer Égée ou encore dans les Balkans. Si l’agence s’est toujours défendue de violer les droits humains des migrants, certains eurodéputés avaient appelé à la démission de Fabrice Leggeri, suite à son audition le 1er décembre 2020. Ce dernier est également mis sous pression par la Commission européenne, qui souhaite que toute la lumière soit faite sur ces accusations.

En ce sens, l’Office européen de lutte antifraude (Olaf) a confirmé, le 11 janvier, mener une enquête sur les allégations de « pratiques illégales » qu’aurait pu commettre Frontex, après avoir perquisitionné les locaux de l’agence en décembre dernier. Les carences de Frontex dans la protection des droits fondamentaux suscitent l’inquiétude des ONG, alors que le rôle de l’agence devrait être renforcé dans la lignée des propositions du Pacte sur la migration et l’asile en cours de négociation.

 

Article publié le 29/01/2021

Voici ici notre dernier article publié le 15/01/2021 sur le déploiement des premiers agents de Frontex aux couleurs de l’Union européenne.

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