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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 16 au 29 février 2020

Le 17 février, le Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne a décidé de mettre fin à l’opération Sophia EUNAVFOR Med et de la remplacer par une nouvelle mission dont l’objectif principal sera de faire respecter l’embargo sur les armes en Libye.

 

Article opération Sophia c CSDP EEAS

© The Common Security and Defence Policy – European Union External Action Service

 

C’est au prix « d’une très longue et très difficile conversation » que les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont accepté qu’EUNAVFOR Med – l’opération militaire lancée en 2015 par l’UE pour apporter une réponse aux problématiques migratoires européennes, dont la lutte contre le trafic d’êtres humains, puis, plus tard, pour assurer  le respect de l’embargo et du cessez-le-feu en Libye – soit remplacée par une nouvelle mission. Celle-ci devrait avoir une triple dimension – navale, aérienne et satellitaire – et aura pour unique objectif le contrôle du respect de l’embargo imposé par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

 

Les détails de la nouvelle opération seront annoncés dans le courant du mois de mars, en vue d’un lancement au printemps. Cependant, Josep Borrell, le Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères, a annoncé que, contrairement à l’opération Sophia qui couvrait l’ensemble du littoral libyen, le périmètre de la nouvelle mission, qui changera de nom, devrait être limité « à l’est, où les passages d’armes se font », et n’aura pas vocation à intervenir dans le sauvetage en mer. Pour rassurer les pays réfractaires tels que l’Autriche ou l’Italie, Joseph Borrell a également précisé que la mission serait immédiatement suspendue dans le cas où les embarcations de personnes migrantes se feraient plus nombreuses dans la zone compte-tenu de la présence de nouveaux navires européens.

 

Les organisations de défense des droits de l’homme s’inquiètent des conséquences d’une telle décision. Philippe Dam, Directeur du plaidoyer pour l’Europe et l’Asie Centrale à Human Rights Watch, a par exemple accusé le Conseil d’avoir « accordé à l’UE une autorisation de laisser les gens mourir », contraire à « la lettre et à l’esprit du droit international maritime ».

 

Voir ici notre article publié le 22/01/2020 sur les négociations autour de l’opération Sophia

 

Article publié le 21/02/2020