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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 16 au 29 février 2020

Des heurts ont éclaté le 15 février entre des personnes migrantes et les forces de l’ordre bosniennes lors d’une manifestation organisée dans la localité de Velika Kladuša, à une dizaine de kilomètres de la frontière avec la Croatie.

 

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© UNHCR/Gregory Doane

Des personnes réfugiées et migrantes séjournant dans un camp improvisé à Bihać, au nord de la Bosnie-Herzégovine, montrant leurs téléphones, qu’ils disent avoir été brisés [photo du 12 juillet 2018 prise à Bihać, à la frontière avec la Croatie]

 

Les échauffourées se sont produites alors que les exilés sortaient du camp de Miral, en bordure du village de Velika Kladuša, qui accueille actuellement 1 000 personnes – soit 300 de plus que sa capacité initiale. Ce sont les nombreuses violences perpétrées, selon eux, par les polices aux frontières croate et bosnienne qui les ont poussés à exprimer leur mécontentement, se déclarant régulièrement victimes d‘attaques physiques, de vols et de menaces. Protestant contre les conditions de vie déplorables dans la zone – le camp insalubre de Vučjak avait été démantelé en décembre 2019 suite à la demande, entre autres, de la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe – les manifestants ont porté des pancartes affichant des messages de détresse comme « rendez-nous notre argent » ou « arrêtez de nous battre ! ». Plus largement, les individus ont également demandé à pouvoir entrer plus facilement dans l’Union européenne (UE), à l’image de la manifestation organisée au début de mois de février à la frontière entre la Serbie et la Hongrie.

 

Suite à la fermeture de la route des Balkans, notamment via la Hongrie, de plus en plus d’individus ayant pour objectif de rejoindre l’UE transitent par la Bosnie-Herzégovine : entre janvier 2018 et octobre 2019, la Commission européenne estime que 45 000 personnes sont entrées dans le pays. Le gouvernement bosnien craint les conséquences d’une augmention durable de ce phénomène, notamment avec la recrudescence des arrivées en Grèce. C’est dans ce contexte que le ministère de l‘Intérieur croate et les services de police bosniens ont convenu, le 13 février, d’un renforcement de la coopération pour la protection de leur frontière commune, en facilitant l’échange de données et en mettant en place des patrouilles conjointes.

 

Voir ici notre dernier article sur la Bosnie publié le 12/12/2019

 

Article publié le 24/02/2020