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Veille Europe L'actualité européenne sur l'asile et l'immigration vuepar France terre d'asile
du 16 au 29 février 2020

Le gouvernement britannique a présenté le 18 février le projet d’un nouveau système d’immigration post-Brexit, prévu pour entrer en vigueur le 1er janvier 2021.

 

Article Royaume Uni c Adobe Stock

© Adobe Stock

 

Le contrôle de l’immigration avait été un thème phare de la campagne pour la sortie du pays de l’Union européenne (UE). En plus de mettre fin à la libre circulation, ce système à points ne devrait permettre qu’aux personnes les plus qualifiées de s’installer au Royaume Uni. Les candidats à un visa outre-Manche devront en effet atteindre un cumul de 70 points et disposer d’une promesse d’embauche. Ces points seront attribués en fonction du niveau d’étude, de la profession, des compétences et du salaire des individus. À titre d’exemple, 20 points maximum pourront être obtenus en fonction du niveau d’anglais, 20 autres si un salaire minimum de 25 600 £  (environ 30 000 €) annuel est justifiable (aucun point en revanche pour les personnes percevant le salaire minimum de 20 480 £) et les doctorants les plus émérites pourront recevoir entre 10 et 20 points supplémentaires. Les règles relatives à l’asile et au regroupement familial ne relèveront cependant pas de cette réforme.

 

Pour le gouvernement du Premier ministre Boris Johnson, un tel système, qui a déjà fait ses preuves, selon lui, au Canada et en Australie, sera positif pour le pays. La ministre de l’Intérieur Priti Patel a ainsi déclaré : « nous allons attirer les plus brillants et les meilleurs du monde entier, stimuler l’économie et nos communautés, et libérer tout le potentiel de ce pays ». Selon elle, ce nouveau système sera davantage méritocratique puisqu’il mettra tous les ressortissants d’autres pays sur un pied d’égalité, qu’ils viennent de l’UE ou non.

 

Le projet est cependant sujet à de nombreuses critiques : les conservateurs écossais sont convaincus qu’il nuira à l’économie et comptent faire pression sur Boris Johnson pour le faire retirer et certains citoyens estiment qu’une telle orientation de la politique d’immigration s’avérera contre-productive. Des ONG ont également dénoncé les atteintes aux droits de l’homme qu’un tel système engendrerait. Steve Valdez-Symonds, Directeur de programmes pour les droits des réfugiés et des migrants d’Amnesty International au Royaume-Uni a souligné que « [cette annonce] atteste d’une incompréhension des droits fondamentaux qui sont affectés par le système d’immigration – y compris les droits de la vie familiale, et le besoin de sécurité et de stabilité des personnes ». Cette réforme doit encore être validée par le Parlement, qui dispose d’une majorité conservatrice.

 

Voir ici notre dernier article sur le Royaume-Uni publié le 08/01/2020

Article publié le 27/02/2020